ASSEMBLÉE DU 28 AOUT 1792

L'an 1792, le 4e de la liberté, et le premier de l'égalité, le 28 août.

En l'absence de M. Desvieux, président, l'Assemblée à nommé M. Ferry

(_sic_) doyen d'âge, et elle a entendu la lecture du procès-verbal;

plusieurs réclamations au sujet de l'arrêté pris la veille sur les

signataires des pétitions inciviques ont occasionné des débats longs et

bruyants; l'Assemblée consultée a fermé la discussion.

M. le Président arrivé, plusieurs citoyens ont réclamé contre

l'organisation du bureau pour les Assemblées primaires, et contre

l'incompatibilité des fonctions de président de l'Assemblée, et de

celles de juge de tribunal, dont M. Desvieux était pourvu. Après une

très orageuse discussion, l'Assemblée a décidé que les fonctions de

président de l'Assemblée et de juge n'étaient point incompatibles,

attendu qu'un juge ne cesse pas d'avoir droit de suffrages.

Il a été ensuite proposé d'interpeller chaque citoyen qui

demanderait à parler, s'il avait oui ou non signé les pétitions

inciviques; après des débats longtemps prolongés, l'Assemblée a fermé la

discussion.

Cette proposition mise aux voix, l'Assemblée a décidé l'affirmation

(_sic_).

L'exécution de cet arrêté a excité des troubles si énormes d'une portion

de l'Assemblée, que M. le Président a été obligé de requérir la force

publique.

L'officier de la force armée a rendu compte à l'Assemblée qu'un citoyen,

requis au nom de la loi de descendre de la tribune, a répondu qu'il

ne descendrait pas au nom de la loi, mais de _(sic)_ celui de ses

concitoyens et qu'il saurait repousser la force par la force; qu'ils

seraient[667], à ce qu'il paraissait, obligés de prendre les armes les

uns contre les autres. M. Guirault (_sic_) a été dénoncé être [ce]

citoyen; après beaucoup de bruit, l'Assemblée est passée à l'ordre du

jour.

Un membre ayant demandé si l'Assemblée maintiendrait l'exécution de

ses précédents arrêtés, l'Assemblée a décidé l'affirmation (_sic_).

Cet arrêté a excité de nouveaux éclats. M. Bodau (_sic_) a été

nominativement rappelé à l'ordre pour avoir scandaleusement plusieurs

fois troublé les délibérations.

On a fait lecture d'un arrêté de la Commune qui n'enveloppe point dans

l'exclusion des droits de suffrages les signataires de la pétition des

8 mille, vu que le plus grand nombre des signataires ont été séduits.

L'interdiction ne roule que sur les colporteurs et présentateurs de

cette pétition à la signature[668].

M. Servagnet, adjudant de ce temps[669], se croyant compromis dans cette

interdiction, a fait une observation: il a déclaré qu'il a dû apporter

au poste cette pétition puisqu'il l'avait reçue de ses chefs à l'ordre;

mais qu'il n'avait engagé personne à la signer.

De nouvelles réclamations au sujet des signataires de la pétition des

20 mille, ont occasionné de nouveaux débats; l'Assemblée passe à

l'ordre du jour, et il est arrêté que les citoyens seront invités à ne

pas donner leur suffrage aux signataires de la pétition des 20 mille,

sans pour cela les priver du droit de voter.

M. l'adjudant a lu l'ordre[670] et un arrêté de la Commune qui annonce

que dans quarante-huit heures les barrières seront libres et les

malveillants arrêtés[671].

Le général invite aussi les sections armées à former promptement les

compagnies[672] et à faire passer au plus tôt leur vœu et leur

réponse à l'état-major.

On a observé que l'Assemblée n'avait point nommé de recenseur pour la

rue Montorgueil depuis le passage de la reine d'Hongrie jusqu'à la rue

Tiquetonne. MM. Genty et Potin se sont offerts, et l'Assemblée les a

unanimement adoptés.

MM. les commissaires recenseurs de la section ont été invités à faire

connaître demain à l'Assemblée où en est leur travail, [et] de (_sic_)

le parachever le plus tôt possible.

Sur la proposition de l'adjudant, l'Assemblée a unanimement nommé

M. Bayard commandant en second pour se transporter à l'Oratoire, et

s'informer quel rang la section du Contrat-social tiendrait dans la

légion.

M. le Commandant a aussi invité l'Assemblée à nommer un facteur

pour porter les billets de garde; l'Assemblée a arrêté qu'elle s'en

occuperait [à] la prochaine séance.

Un membre a demandé qu'on passât impérativement à l'ordre du jour;

l'Assemblée adopte la proposition.

L'ordre du jour était la nomination des 3 scrutateurs; l'Assemblée a

adopté la nomination par acclamation.

L'Assemblée a arrêté aussi qu'elle nommerait, vu la brièveté du temps,

le même nombre d'électeurs, et qu'elle ajournerait après le choix des

électeurs la discussion sur les pouvoirs à donner aux électeurs et

aux députés à la Convention nationale.

On a ensuite fait lecture de 3 lettres, l'une de M. Arnaud en rétraction

(_sic_) de la pétition des 20 mille, et à laquelle était joint un don de

200 l., moitié pour les blessés de la section à la journée du 10 août,

et l'autre moitié pour faire fabriquer des armes. L'Assemblée a arrêté

qu'elle ne voulait point accepter ce don, et M. le Président a été

chargé de lui renvoyer sa lettre et son don.

La 2e lettre était de M. Paillet qui fait hommage à la Patrie d'un

buste de bronze; l'Assemblée accepte ce don et ordonne la mention

honorable, et que ce don sera porté à sa destination pour être joint aux

autres matières pour faire des canons.

La troisième lettre était de M. Delaporte qui rétracte sa signature de

la pétition des 8 mille; l'Assemblée renvoie cette lettre au Comité de

surveillance.

Séance levée à une heure après minuit.

Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792 · 第 305 / 357 题