ASSEMBLÉE DU 22 AOUT 1792

L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, le vingt-deux août, l'an 4e de

la liberté et le 1er de l'égalité.

La séance a été ouverte par la lecture du procès-verbal de la dernière

séance, lequel a été adopté.

Sur la proposition d'un membre de l'Assemblée de s'occuper de la

Convention nationale[621], l'Assemblée a ajourné à demain la lecture des

articles de la loi à cet égard.

Ensuite il a été fait lecture d'un arrêté de la Commune, du 11 août

présent mois, portant nomination de M. Billaud-Varenne, au lieu et place

de M. Danton, substitut du procureur de la Commune[622]. L'Assemblée a

confirmé cette nomination.

Il a été aussi fait lecture de la liste des électeurs du département

de Paris, qui se sont réunis en club à la Sainte-Chapelle. Après

cette lecture M. Allant (_sic_), ayant demandé et obtenu la parole,

a rappelé que, le 26 décembre dernier, il a dénoncé à l'Assemblée

générale de la section la liste imprimée des électeurs réunis à la

Sainte-Chapelle[623], sur laquelle son nom est porté par erreur, qu'il

n'a jamais été du club de la Sainte-Chapelle, mais bien M. Alcan,

autre électeur de cette section, ainsi que celui-ci en était convenu,

et, pour justifier ce qu'il avançait, M. Allan a remis sur le bureau

la réclamation qu'il avait fait insérer dans le _Courrier des

quatre-vingt-trois départements_, le 1er janvier dernier[624]; en

conséquence il a requis de l'Assemblée acte de sa réclamation, afin de

détromper ses concitoyens. L'Assemblée, rendant justice au civisme de M.

Allan, et convaincue que c'est par erreur que son nom a été porté sur

la liste des électeurs du club de la Sainte-Chapelle, a arrêté que la

Commune serait priée de faire rayer de cette liste le nom de M. Allan

et d'y faire substituer celui de M. Alcan, qui est véritablement celui

qui devait exister sur la liste comme[625] ayant été de ce club, et

qu'extrait du procès-verbal serait délivré à M. Allan pour lui servir de

justification.

M. Allan, profitant de la parole qui lui avait été accordée, a remercié

l'Assemblée de ce qu'elle avait bien voulu l'appeler à la place de

chirurgien-major de la section, et a observé que M. Brunié (_sic_), qui

était chirurgien-major du bataillon de Saint-Eustache, avait rendu de

grands services au dit bataillon et méritait de partager l'honneur qui

lui avait été fait par l'Assemblée.

L'Assemblée, sensible au procédé de M. Allan et rendant justice au

civisme de M. Brunié et à son zèle à donner ses soins aux malades et

blessés de la section, l'Assemblée a arrêté qu'il serait adjoint à M.

Allan.

Un citoyen a présenté un projet de carte d'entrée aux Assemblées de la

section.

L'Assemblée a nommé plusieurs commissaires pour examiner ledit projet

et en faire leur rapport. Et un instant après, ces mêmes commissaires

ayant fait leur rapport et ayant été d'avis d'admettre ce projet de

cartes, l'Assemblée a adopté l'avis de ses commissaires; en conséquence,

a arrêté que ces cartes seraient imprimées en noir, et a chargé le

Comité de faire faire cette impression en nombre suffisant et à faire

les premières avances.

M. Desvieux ayant demandé et obtenu la parole, il a représenté à

l'Assemblée les sommes qui avaient été déposées entre ses mains pour

être distribuées aux braves Marseillais, [et] a témoigné combien il

était affecté de ce que quelques citoyens avaient élevé des doutes sur

sa délicatesse[626].

L'Assemblée a déclaré que M. Desvieux n'avait pas perdu un seul instant

de sa confiance et l'a autorisé à garder ces fonds, pour en faire

l'emploi suivant la voix (_sic_) de l'Assemblée et à la charge d'en

rendre compte.

Une députation de MM. les gendarmes à pied compagnie de la rue du

Bouloir[627] s'est présentée, et a été reçue avec applaudissements;

l'un d'eux a porté la parole et a dit que, malgré les efforts de leurs

chefs pour les dégager de la bonne cause, ils n'en étaient pas moins

restés fermes dans leurs principes, qui sont ceux de la liberté et

de l'égalité; ce discours, dont nous ne rapportons ici[628] que la

substance, a été terminé par une expression (_sic_): _J'ai trouvé mon

discours dans le cœur de mes camarades; la plus belle impression

qu'il puisse faire, est de le graver dans vos cœurs._ Ce discours

a été vivement applaudi, et M. le président, au nom de l'Assemblée, a

témoigné à la députation combien l'Assemblée était satisfaite, qu'elle

n'avait jamais douté de leur civisme, [et] que, le 14 juillet 1789,

comme le 10 août 1792, ils avaient donné des preuves éclatantes de leur

amour pour la liberté et l'égalité.

Cette députation s'étant retirée au milieu des applaudissements, il

a été procédé à la prestation de serment de MM. les commissaires

de section, de M. le juge de paix, son secrétaire-greffier, de ses

assesseurs et des commissaires composant le Comité de surveillance; ce

serment a été prêté individuellement par MM. _Poupart_, _Perronard_

(_sic_), _Vesinet_ (_sic_), _Balardelle_, _Lindet_, _Gillet_,

_Grainville_, _Bullet fils_ (_sic_)[629], _Lefèvre_, _L'Héritier

fils_, _Bachelard_, _Giffay_ (_sic_), _Larsonnier_, _Martel_, _Didelot

fils_, _Grapin_ (_sic_), _Légier_, _Labay_, _Renard_, _Barré

jeune_, _Genty_, _Luctier_, _Proviel_, _Lard_, _Didelot père_, _Aubin_,

_Audrieux_ (_sic_), _Régnier_, _Henry_, _Favreau_, _Bayard_ et _Favre_.

MM. Thévenin, Bonnet [et Bonnelle][630] qui avaient été nommés, le

premier assesseur du juge de paix, et les deux autres commissaires,

ayant donné leur démission, l'Assemblée a ajourné à demain la nomination

d'un assesseur et de deux commissaires en leur lieu et place.

MM. Gibon (_sic_) et Bachelard, qui avaient été nommés commissaires

pour prendre des renseignements sur la situation des enfants de défunt

M. Andrau[631], mort de blessures qu'il a reçues à la journée du dix

de ce mois, ont fait rapport que ledit défunt sieur Andrau est décédé

ne laissant aucune fortune mais trois enfants dont un âgé de 21 ans

était absent, et les deux autres encore trop jeunes pour gagner leur

vie, qu'ils étaient dans un dénuement absolu et méritaient des faveurs

provisoires, sauf à les présenter à la Commune de Paris pour participer

à la distribution des faveurs à accorder aux veuves et orphelins des

citoyens morts des blessures qu'ils ont reçues dans la journée du dix

août.

A l'instant plusieurs citoyens ont fait leurs offrandes.

M. Paillette a fait remettre par M. Légier sur le bureau une somme de

cinquante livres, savoir: 25 l. pour les veuves et orphelins et blessés,

et 25 l. pour la fabrication des piques.

M. Corpet 20 l., M. Boucher, 30 l. Plusieurs citoyens entr'eux, 18 l. 15

s. Total 118 l. 15 s., savoir: 25 l. pour la fabrication des piques et

93 l. 15 s. pour le soulagement des veuves et orphelins.

M. Julliot, ancien commandant et actuellement chef de légion, a fait

remettre ses épaulettes et dragonne en or, pour être converties en

piques.

M. Renard n'ayant point accepté le grade de commandant en second auquel

l'Assemblée l'avait appelé[632], il s'est agi de procéder à une nouvelle

nomination, et, à cet effet, MM. Firmin (_sic_), Champsaur et Jaubert

ont été nommés scrutateurs.

Il a donc été procédé à la nomination d'un commandant en second par

scrutin ouvert; le nombre des voteurs (_sic_) était de ______ (_sic_).

Le sieur Reignier, ayant réuni 67 voix, par conséquent la majorité des

suffrages, a été proclamé commandant en second; mais M. Reignier n'ayant

point accepté par des motifs qu'il a déduits, l'Assemblée a ajourné à

demain la nomination d'un autre commandant en second.

Enfin la séance a été levée à 10 heures et demie du soir.

Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792 · 第 286 / 357 题