MUNICIPALITÉ DE PARIS

_Extrait du registre des délibérations du Conseil général des

commissaires des quarante-huit sections. Du 18 août 1792, l'an

quatrième de la liberté et premier de l'égalité._

Le Conseil général a arrêté que les Comités de leurs sections

(_sic_) inviteront, au son de la caisse, les ci-devant gardes

françaises et autres soldats de 89 domiciliés dans l'étendue

de leurs arrondissements à se trouver demain à 6 heures du

matin dans une des salles de l'Évêché, à l'effet de procéder

entre eux à la formation de leurs compagnies, en exécution du

décret du 17 de ce mois.—_Signé_: HUGUENIN _président_; MÉHÉE,

_secrétaire-greffier_.—Pour copie conforme à la minute: TALLIEN

_secrétaire-greffier_.

[582] Le décret du 14 août est relatif, non à l'ouverture des

travaux du Camp sous Paris, dont la création avait été un des

premiers soins de la Législative dans sa séance du 10 août,

mais à la formation en bataillons des citoyens inscrits pour ce

Camp ainsi qu'à la fabrication des tentes et autres objets de

campement; on trouvera ce décret à la page 306 du tome IV de

DUVERGIER.

[583] Serment dit _du 10 août_, prêté par la section des Postes

le 17 août (voyez ci-dessus, p. 194 et n. 568). Le décret du

14-15 août est ainsi conçu: «L'Assemblée nationale décrète que

tout Français recevant traitement ou pension de l'Etat sera censé

y avoir irrévocablement renoncé s'il ne justifie que, dans la

huitaine de la publication du présent décret, il a prêté, devant

la Municipalité du lieu de son domicile, le serment suivant:

_Je jure d'être fidèle à la nation et de maintenir la liberté

et l'égalité ou de mourir en les défendant_.» (DUVERGIER, t.

IV, p. 305.)—Quant à l'arrêté de la section du Pont-Neuf, il a

été imprimé, à l'époque, en une affiche in-folio plano dont la

Bibliothèque nationale possède un exemplaire au recueil factice

Lb{40} 2075 (TOURNEUX, nº 8258). Voici ce texte:

EXTRAIT DES REGISTRES DES DÉLIBÉRATIONS DE LA SECTION DU

PONT-NEUF

_Réunie en Assemblée permanente, le 15 août 1792, l'an 4e de la

liberté, le 1er de l'égalité._

L'Assemblée, considérant que, dans un moment où le Peuple vient

de ressaisir sa souveraineté et de punir un Roi et une Cour

traîtres et perfides qui voulaient l'anéantir, il importe de

connaître quels sont les bons citoyens et citoyennes qui veulent

la liberté et l'égalité, et quels sont les lâches et les traîtres

qui oseraient encore soupirer après le despotisme;

Considérant qu'il est temps que la Révolution s'achève malgré

tous les despotes conjurés contre elle, et qu'il faut pour cela

qu'elle voie enfin tous les citoyens réunis pour pousser à l'envi

son char, ou qu'elle écrase ceux qui ne voudraient pas le suivre

et qui chercheraient à en retarder la marche.

Arrête: 1º Que tous les citoyens et citoyennes de la section,

depuis l'âge de 13 ans pour les femmes et 15 pour les hommes, sont

invités à venir prêter individuellement dans son sein le serment

décrété, le 10 août, par l'Assemblée nationale, _de maintenir la

liberté et l'égalité et de mourir, s'il le faut, pour elles_, et

déclare qu'elle regardera comme mauvais citoyens et citoyennes

tous ceux et celles qui ne le prêteraient pas.

2º Qu'il sera ouvert deux registres, un pour les hommes,

l'autre pour les femmes, où seront inscrits les noms, la

signature, la demeure, l'âge et l'état de ceux et celles qui

viendront prêter ce serment.

3º Qu'aucun citoyen ne pourra avoir entrée aux Assemblées de la

section sans avoir rempli ce devoir civique, et qu'il leur sera en

conséquence délivré un certificat de la prestation de ce serment.

4º Que les registres seront fermés le 25 de ce mois, veille des

Assemblées primaires, et que personne à cette époque ne sera plus

admis à prêter le serment.

5º Que le présent arrêté sera imprimé, affiché et envoyé aux 47

autres sections.

A. MINIER, _président_.

Collationné sur le registre,

THILLY, _secrétaire_.

De l'Imprimerie de la Veuve DELAGUETTE, rue de la

Vieille-Draperie.

[584] Le décret relatif aux chevaux et mulets appartenant aux

émigrés et qui prononce leur confiscation et leur affectation

au service de l'armée est du 15 août (DUVERGIER, t. IV, pp.

308-309). Je n'ai pas trouvé l'arrêté de la Commune, mais il dut

être pris aussitôt, car la mesure fut immédiatement appliquée,

ainsi que le prouve le passage suivant de la _Chronique de

Paris_, du 18 août: «On a mis à exécution, ces deux derniers

jours, le décret relatif aux chevaux des émigrés; plusieurs ont

été saisis, mais beaucoup d'entre ceux à qui la garde en est

confiée ont trouvé le moyen d'échapper à la loi et les faisaient

(_sic_) conduire chez des gens qui les disaient ensuite à eux ou

chez les marchands de chevaux affectés (_sic_) qui les ont mis au

nombre de ceux dont ils font commerce.»

[585] Voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août 1792_, p. 286 et

n. 3.

[586] Je ne connais pas cet arrêté.

[587] Voici cette proclamation d'après l'affiche in-folio plano

apposée par les soins de la Commune, Bib. nat., rec. fac. Lb{40}

1 (TOURNEUX, nº 6148); autre exemplaire: Bib. de la Ch. des Dép.,

coll. d'aff. X147, portef. 6, l. 3, p. 35.

Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792 · 第 263 / 357 题