J'ai l'honneur de faire savoir à tous les citoyens de Paris
que depuis la mort du sieur Carle, j'ai reçu de la section armée
de Henri-IV, et principalement des canonniers, des marques de
civisme et d'attachement aux Amis de la Constitution, que je ne
puis m'empêcher de rendre hommage à la vérité, permettant aux
citoyens de cette section de faire, si bon leur semble, imprimer
et afficher la présente déclaration.
Le commandant général provisoire.
_Signé_: SANTERRE.
[551] C'est une invitation à assister à la cérémonie funèbre
en l'honneur des fédérés tués, le 10 août, cérémonie qui
devait avoir lieu le dimanche 19 août. L'invitation fut aussi
présentée à la Législative, dans sa séance du 16 août (cf. le
_Procès-verbal de la Législative_, t. XII, p. 329). La cérémonie
ne devait pas avoir lieu avant le 26 août (voyez F. BRAESCH, _La
Commune du 10 août 1792_, p. 476 et n. 4). L'invitation dont
il est question ici a été imprimée à l'époque en une affiche
in-folio plano dont il existe encore plusieurs exemplaires:
Arch. nat., C. 161, liasse 353, pièce 17. Bib. de la Chambre des
députés, collection d'affiches cotée X147, portefeuille nº 2,
liasse 4, pièce 122 _bis_, et portefeuille nº 6, liasse 3, pièce
39.
Voici le texte de ce document:
VIVRE LIBRE OU MOURIR
LES FÉDÉRÉS
DES QUATRE-VINGT-TROIS DÉPARTEMENTS
AUX CITOYENS DE PARIS.
Frères et Amis,
Nous venons de renverser avec vous l'énorme colosse qui menaçait
de nous écraser. Il en a coûté le sang de nos camarades et des
vôtres; mais ne le regrettons pas puisqu'il nous a assuré une
glorieuse victoire. Le nôtre est prêt à couler encore pour le
soutien de la même cause, et malheur à ceux qui voudront la
combattre. Nous avons fait mordre la poussière aux satellites
du tyran suspendu; et nous ne craignons pas le réveil terrible
qu'on semble nous annoncer. Un devoir sacré, un devoir religieux
nous engage aujourd'hui à vous inviter de vous joindre à nous,
non pour répandre des larmes, mais pour couvrir de fleurs l'urne
sacrée qui contient les cendres des généreux guerriers qui ont
péri dans le combat; veuillez donc vous trouver, dimanche à huit
heures du matin, dans la cour des Jacobins d'où nous partirons
pour nous rendre au lieu de la cérémonie. Les dames patriotes sont
instamment priées de venir embellir la fête par leur présence, en
habit blanc ceint d'un ruban aux trois couleurs et portant des
guirlandes pour coiffure. Nous comptons aussi sur le talent des
amateurs et musiciens de chaque section. Nous trouverons, les uns
et les autres, la plus chère des récompenses dans les bénédictions
de la Patrie.
MAZUEL, _président de l'Assemblée générale_; DUBOIS-LAMMARTINIE,
_président du Comité fédératif de subsistance_; LOYS, PELLETOT
père, FLAMAN, SÉLÉGIA, LEMIERRE, BONNET, DUBOIS, GOSSERET,
_commissaires_; TRÉHAN, _secrétaire_.
[552] Cet arrêté, modifiant celui du 13 août cité précédemment
(voyez ci-dessus, p. 184 et n. 544), ne figure pas au
procès-verbal de la séance édité par Berville et Barrière et qui
est très écourté. Buchez et Roux ne donnent absolument rien pour
cette séance. On trouvera un résumé de l'arrêté à la page 23 des
_Procès-verbaux de la Commune de Paris_, édités par M. TOURNEUX
d'après un manuscrit trouvé dans les papiers de Chaumette. Mais
il existe plusieurs exemplaires manuscrits de l'extrait du
registre des délibérations de la Commune adressé aux sections.
En voici les cotes: Bib. nat., département des manuscrits, fonds
français, nouvelle acquisition, carton 2691, folio 154.—Bib. de
la Ville de Paris, fonds Charavay, vente de 1900, nº 116.—Arch.
de la Seine, VD*, tome III, pièce 123.—Arch. nat., F{3} II Seine
50, liasse 2, pièce non numérotée. Voici le texte de ce document: