QUARANTE-SIXIÈME ASSEMBLÉE.—DU 6 JUILLET 1792

L'an mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an quatre de la liberté, le

six juillet, l'Assemblée générale de la section des Postes légalement

convoquée sur la pétition de cinquante citoyens actifs et en la manière

accoutumée, et composée de cent douze votants, ainsi qu'il résultait de

la feuille d'enregistrement;

M. Bellet, président du Comité de la section a ouvert la séance par

l'invitation à l'Assemblée de nommer un président et un secrétaire.

L'Assemblée a nommé M. Bellet pour président, et M. Frosté pour

secrétaire.

Il a été ensuite fait lecture du procès-verbal de la dernière

séance, lequel a été adopté, à l'exclusion[391] néanmoins d'une motion

incidente qui y avait été insérée et que l'Assemblée a jugé devoir être

supprimée du procès-verbal, attendu que cette motion n'avait point été

mise en délibération.

L'ordre du jour était la pétition de cinquante citoyens actifs, en

ce qui était relatif au changement de nom de la rue dite _Comtesse

d'Artois_ et [à] la connaissance à prendre par l'Assemblée de tous les

arrêtés et délibérations généralement quelconques qui ont été adressés

à la section, soit par les Corps administratifs, soit par les autres

sections, objets sur lesquels l'Assemblée, dans sa dernière séance,

s'était ajournée à ce jourd'hui.

L'objet de la pétition ayant été livré à la discussion, plusieurs

membres ont obtenu la parole et ont demandé que, non seulement le nom

de la rue dite _Comtesse d'Artois_ fût changé, mais encore que ce

changement s'opérât[392] sur toutes les rues de la ville de Paris, qui

portaient le nom de tel ou tel prince, de tel ou tel duc, etc., reste de

nos anciens préjugés.

En conséquence l'Assemblée a arrêté que la Municipalité serait invitée

à faire changer le nom de la rue dite _Comtesse d'Artois_, ainsi que

ceux des autres rues connues sous des noms de tel ou tel prince, ou tel

ou tel duc, etc., reste de nos anciens préjugés, et, pour porter ce

vœu à la Municipalité, l'Assemblée a nommé MM. Tacherat, Bellet fils,

Desvieux et Thévenin.

Un membre a demandé et obtenu la parole. Il a fait part à l'Assemblée

d'une erreur qui avait été commise dans la transmission du mot d'ordre

du[393] quatre au cinq de ce mois; que la garde nationale avait le

véritable mot, mais que la troupe de ligne ne l'avait pas exactement;

que cette erreur, soit qu'elle eût été commise involontairement, aurait

pu devenir funeste sans la prudence des commandants de patrouilles.

L'adjudant du bataillon de Saint-Eustache ayant rendu compte de la

manière dont cette erreur avait été commise[394] et ayant observé qu'il

avait été pris des mesures pour empêcher dorénavant une pareille faute,

l'Assemblée a passé à l'ordre du jour, en déclarant néanmoins que, si

pareille erreur se commettait encore, elle demanderait la punition de

son auteur.

L'ordre du jour a été repris. Il s'agissait de prendre connaissance

des différents arrêtés et délibérations pris, soit par le

Corps administratif (_sic_)[395], soit par les sections; il a été

effectivement fait lecture de quelques délibérations, mais l'Assemblée,

convaincue qu'elle ne pouvait prendre des délibérations d'après ces

lectures, a déclaré qu'il n'y avait lieu à délibérer quant à présent

sur ces diverses délibérations, sauf aux citoyens à faire des pétitions

conformément à la loi.

La séance a été levée à neuf heures et demie du soir. Fait en

l'Assemblée générale de la section les jour et an que dessus.

Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792 · 第 179 / 357 题