NOTES:

[342] Le texte de cette séance a été imprimé par ordre de

l'Assemblée, comme on le verra par la suite du présent

procès-verbal. La Bibliothèque de la Ville de Paris, possède,

dans le recueil factice 10065* in-4º, un exemplaire de cet

imprimé in-4º de 6 pages que j'ai comparé avec le présent texte

du registre manuscrit. Je signale en notes les différences.

[343] Le texte original manuscrit porte: «... et assemblée...»,

erreur évidente qui ne figure pas au texte imprimé de la pièce de

la Bibliothèque de la Ville de Paris, et que j'ai naturellement

corrigée.

[344] Le texte manuscrit porte: «... que...», par une inattention

du copiste. Il faut lire: «... par...» d'après la pièce imprimée

de la Bibliothèque de la Ville de Paris.

[345] Mot oublié dans le texte manuscrit et que j'ai rétabli à

l'aide de la pièce imprimée.

[346] L'affaire des bustes de Bailly et de La Fayette remonte au

mois de février 1792. Le 24 de ce mois, eut lieu l'installation

des 24 nouveaux officiers municipaux élus du 11 au 20 février.

Après la prestation du serment, Dusaulx, l'un des nouveaux élus,

fit un discours très enthousiaste dans lequel il célébra les

vainqueurs de la Bastille, flétrit l'antique despotisme et loua

Pétion, le nouveau maire de Paris. Puis Manuel prit la parole à

son tour. Nous possédons encore son discours. (Voyez l'analyse

d'un imprimé de la Bibliothèque nationale par M. Robiquet dans

son livre sur _Le Personnel municipal de Paris pendant la

Révolution, période constitutionnelle_, p. 475, n. 1, et voyez la

pièce bibliographiée par M. TOURNEUX, sous le nº 6048.) C'est au

cours de ce discours que Manuel fit une sortie violente contre

les bustes de Bailly, de La Fayette, etc., qui ornaient la salle.

Voici le récit de cet incident de séance d'après le _Thermomètre

du jour_, du 28 février, p. 483:

M. Manuel, avant de prendre possession de la place de procureur

de la Commune, a dit qu'il trouvait bien étrange que, dans la

salle où a retenti, pour la première fois, le nom de liberté,

on n'en vit aucun vestige, qu'il n'y apercevait pas même la

_Déclaration des Droits_; puis, regardant les bustes de _Louis

XVI_, de _Necker_, de _Bailly_, de _La Fayette_, il a ajouté que

l'image des hommes, même des grands hommes, ne devait être offerte

à la vénération publique qu'après leur mort. Il s'est récrié sur

les tableaux de la salle, qui représentent des échevins à genoux

aux pieds des despotes, pour engager le peuple à s'y mettre à

son tour. Hâtons-nous de les vendre, a-t-il dit, pendant qu'il

est encore des hommes qui achètent des esclaves; que David, à la

place, nous substitue _des Brutus_, _des Caton_, etc... Faisons

oublier au peuple son ancienne servitude..., ce peuple qui, pour

vaincre, n'a besoin que de se montrer et qui, pour se montrer, n'a

besoin que de bons magistrats. Nous marcherons, s'il le faut, avec

lui tous ensemble, sous l'étendard de la liberté, qui n'est pas

le _drapeau rouge_... Quant à moi, je le jure, c'est pour servir

le peuple que j'ai accepté cette place... Il a conclu par appuyer

la proposition de M. Dussault (_sic_), de rendre publiques les

séances du Corps municipal.

Quelques jours plus tard, le 10 mars, un nouvel incident se

produisait à l'Hôtel de Ville au sujet de la présence des bustes

de Bailly et de La Fayette dans la salle des séances du Conseil

général. Voici le récit de cet incident d'après le _Thermomètre

du jour_, du 12 mars, p. 587:

L'importante question sur la publicité des séances du Corps

municipal a attiré, avant-hier soir, 10 du courant, une foule

considérable à l'Hôtel de Ville de Paris. La séance s'est ouverte

par la lecture d'une adresse signée d'un grand nombre de citoyens,

dont l'objet est de demander que les bustes des hommes vivants

(de _Necker_, _Bailly_, _La Fayette_) soient retirés de la salle

du Conseil. Les pétitionnaires ont rappelé, à l'appui de cette

demande, ce principe, depuis longtemps consacré, mais depuis

longtemps aussi méconnu par l'adulation, que ce n'est qu'après

leur mort qu'il est juste d'élever des statues aux grands hommes.

Après quelques débats, on parvient à arrêter qu'il serait fait

mention honorable de cette adresse, ainsi que d'une autre, moins

importante.

On passe à l'ordre du jour, et des orateurs, pour et contre

la publicité des séances du Corps municipal, se succèdent. La

discussion s'engage avec chaleur, et les tribunes, remplies de

citoyens, en partagent tout l'intérêt.

Le Conseil général n'avait rien décidé ce jour-là. Mais le 24

mars, d'après un texte que je donnerai plus loin (voyez la fin de

l'article du _Thermomètre du jour_ du 22 avril, cité à la fin de la

note 359 de la page 98, p. 102), le Conseil général arrêta qu'il

n'y avait pas lieu à délibérer sur l'enlèvement des bustes. C'est

sur ces entrefaites que fut pris l'arrêté de la section de la

Fontaine-de-Grenelle, du 27 mars, dont je ne connais l'existence

que par le texte même du présent procès-verbal de la section

des Postes. Alors le Conseil général, revenant sur sa décision,

décida de discuter la question des bustes le mercredi 18 avril.

Mais la fête des soldats de Châteauvieux, célébrée le dimanche

15 avril (voyez ci-dessus, p. 88, n. 336), parut à beaucoup

de personnes, grâce au cérémonial adopté sur l'initiative de

Collot-d'Herbois (cf. ci-dessus; p. 86, n. 331) une manifestation

révolutionnaire. La glorification de l'indiscipline dans cette

solennité donna lieu à plusieurs protestations de sections.

Ainsi, le 15 avril même, les citoyens de la section de

l'Ile-Saint-Louis signèrent individuellement une _Adresse aux

Français_ contre la fête qui venait d'avoir lieu (TOURNEUX,

nº 8289) et, le 17 avril, la section des Thermes-de-Julien,

avant de s'occuper de la question des bustes de Bailly et de La

Fayette, tint à blâmer la conduite de deux des membres de son

Comité, les sieurs Dufourny et Canon qui n'avaient pas paru au

Comité le dimanche précédent (15 avril) sous prétexte qu'ils

faisaient partie du jury de jugement, mais très probablement

parce qu'ils avaient tenu à se mêler à «l'escorte fraternelle

des soldats de Châteauvieux».—Les sections que la manifestation

du 15 avril indignait protestèrent aussitôt contre le projet

du Conseil général de discuter, dans sa séance du 18 avril,

le déplacement des bustes de Bailly et de La Fayette. Dès le

15 avril, en même temps qu'elle rédigeait son _Adresse aux

Français_ contre la fête des soldats de Châteauvieux, la section

de l'Isle (Ile-St-Louis) protestait contre ce projet (voyez p.

95 et n. 349). Le 17 avril, la section des Thermes-de-Julien,

après avoir infligé, ainsi qu'on vient de le voir, un blâme à

deux des membres de son Comité, Dufourny et Canon, déclarait

improuver «la conduite de la Municipalité qui se permet de

délibérer sur le déplacement de deux bustes placés dans la Maison

Commune, quoiqu'ils ne soient pas la propriété des officiers

municipaux»; en même temps la section manifestait «son vœu

pour que désormais cette scandaleuse discussion ne [fût] pas

reproduite, promettant même de poursuivre par les voies légales

les provocateurs qu'elle pourrait avoir». (_Feuille du jour_, du

19 avril, pp. 872-873.) On trouvera le texte même de l'arrêté de

la section des Thermes-de-Julien dans l'_Assemblée nationale,

Corps administratifs et nouvelles politiques et littéraires de

l'Europe_, nº 200, du 22 avril 1792.—Le même jour, 17 avril,

comme on le voit par le présent registre, la section des Postes

discutait également l'arrêté pris, le 15 avril, par la section

de l'Isle contre le projet de la Municipalité au sujet des

bustes de Bailly et de La Fayette. Enfin, d'après un texte qui

est cité plus loin (article du _Courrier des 83 départements_

du 21 avril reproduit à la n. 359 de la p. 98), les sections

du Théâtre-Français et de la Grange-Batelière se prononcèrent

également contre le projet d'enlever les bustes.—Les bustes

restèrent en place jusqu'au 10 août (sur leur renversement par

le peuple à cette date, voyez F. BRAESCH, _La Commune du 10 août

1792_, p. 341 et n. 2 et 3).

[347] Voici tout ce qu'on trouve relativement à ce sujet,

dans les _Procès-verbaux du Comité d'Instruction Publique

de l'Assemblée Législative, publiés et annotés par M. J.

Guillaume_.—Paris, Imprimerie nationale, 1889.

Page 57: _Dix-neuvième séance_, du 19 décembre 1791:

Sur la motion de M. Vaublanc, faite à l'Assemblée nationale, de

décréter la manière d'accorder des honneurs et des récompenses

nationales aux militaires et aux citoyens qui se sont distingués

par des actions de courage, le renvoi de cet objet au Comité

ayant été décrété, on a nommé des commissaires au scrutin. Ces

commissaires sont MM. VAUBLANC, CONDORCET, DE BRY.

Page 59 (aux pièces annexes):

Dans la séance de l'Assemblée Législative du 15 décembre 1791,

au matin, les officiers de la garde nationale parisienne avaient

été admis à défiler devant l'Assemblée. Ce fut à cette occasion

que Vaublanc fit une motion relative aux récompenses militaires.

On lit ce qui suit au procès-verbal de la séance du 15 décembre:

«Dès que M. le Président peut se faire entendre, il offre

les honneurs de la séance à l'état-major de la garde nationale

parisienne. Un membre profite de la circonstance pour demander que

l'Assemblée nationale s'occupe incessamment d'une loi qui règle

les récompenses aux guerriers qui ont bien mérité de la patrie.

C'est ainsi, ajoute-t-il, que vous achèverez de faire oublier

la distinction de la naissance pour en créer de nouvelles qui

ne seront pas ridiculement dévolues au fils, souvent inutile et

méprisable, d'un grand homme. Il demande lui-même le renvoi de sa

motion au Comité d'Instruction publique, et l'Assemblée nationale

le décrète». (Procès-verbal de l'Assemblée, t. III, p. 16.)

Dans les séances du 13 janvier 1792 (p. 84), du 16 Janvier (p.

86), du 20 Janvier (p. 91), du 23 Janvier (p. 94), on discute les

articles d'un projet de décret relatif aux pompes triomphales, aux

honneurs à rendre aux soldats qui auront triomphé.

En fin de ce projet de décret, on trouve ceci, à la séance du 23

janvier 1792, vingt-neuvième séance (p. 96):

«Art. 21. L'Assemblée nationale charge son Comité d'Instruction

publique de lui présenter le plan des récompenses à décerner aux

citoyens distingués par leurs vertus, leurs talents et leurs

services.»

M. Guillaume donne, pages 99 et 100, des extraits du

procès-verbal de l'Assemblée législative d'où il résulte que «le

rapport du Comité de l'Instruction publique sur les récompenses à

décerner aux guerriers qui auront bien mérité de la patrie» a été

lu dans la séance du samedi 28 janvier 1792, au matin.

Enfin, j'ai trouvé ceci:

P. 330, 89e séance du 8 juin 1792:

«Arrêté, touchant les récompenses à donner aux défenseurs de la

patrie, que M. Marolles se concertera avec le Comité militaire

pour faire ajourner cette affaire à l'époque où le travail

général, relatif aux récompenses nationales, aura lieu.»

Et en note (note 3):

La question des récompenses militaires avait été ajournée depuis

l'époque de la présentation à l'Assemblée, par Viénot-Vaublanc,

d'un projet de décret sur les pompes triomphales (voir la séance

du 25 janvier, p. 99, à laquelle est jointe l'annexe citée

plus haut). Il ne sera plus question de cet objet dans les

procès-verbaux du Comité.

[348] Je n'ai malheureusement pas retrouvé cette délibération.

[349] Voici le texte même de cet arrêté, d'après l'imprimé

à part: pièce imp. in-8º de 2 pages. Bib. nat, Lb{40} 1890

(TOURNEUX, nº 8288).

SECTION DE L'ISLE.—_Délibération du 15 avril 1792,

l'an 4 de la liberté._—Sur la connaissance qui a été donnée aux

citoyens de la section, de la proposition qui a été faite, et

même mise en discussion dans le Conseil général de la Commune,

d'enlever les bustes de MM. Bailly et La Fayette de la place

qu'ils occupent dans la salle de l'Hôtel commun, l'Assemblée,

considérant que les services rendus à la chose publique par MM.

Bailly et La Fayette doivent les rendre chers à tous les amis de

la patrie, et qu'il importe à la chose publique d'honorer les bons

et utiles citoyens; déclare qu'elle désapprouve formellement la

proposition dont il s'agit, et que son vœu est que les bustes

de MM. Bailly et La Fayette continuent d'occuper une place où ils

rappelleront un souvenir précieux et de grands exemples.

Sera l'arrêté de la section communiqué à la Municipalité et aux

autres sections, avec invitations de s'occuper de cet objet.

_Signé_: COROLLER, président; BIENAYMÉ, secrétaire.

On trouvera aussi le texte de cet arrêté à la suite de l'_Adresse

aux Français_ du même jour par les citoyens de la section de

l'Isle, dans l'imprimé signalé à la fin de la n. 336, p. 88.

[350] Le texte de la pièce imprimée de la Bibliothèque de la

Ville de Paris signalée à la n. 342 de la p. 91, porte: «... ces

lectures finies....».

[351] Ce mot ne figure pas dans le texte imprimé.

[352] Le texte imprimé porte: «... ces...».

[353] Par une erreur évidente, le texte imprimé porte: «... ainsi

que _de_ la présente délibération...».

[354] Texte imprimé: «... seraient...».

[355] Mot supprimé dans le texte imprimé.

[356] Le texte porte _Justinart_. Mais c'est _Justinard_ qu'il

faut lire, comme à la séance du 12 août 1792. JUSTINARD,

Charles-André, marchand bonnetier, rue Trainée, membre du Comité

de la section en 1791.

[357] Le texte porte _Giraud_. Mais c'est _Girault_ qu'il faut

lire, comme le porte d'ailleurs le registre à la séance du

21 avril (p. 98): GIRAULT, Charles-Louis-Albert, 45 ans, rue

Jean-Jacques-Rousseau, électeur du département de Paris en

1791 pour la section des Postes après avoir été président de

l'Assemblée primaire du 16 juin 1791 qui choisit les électeurs

(CHARAVAY, _Assemblée électorale_ de 1791-92, Avertissement p. VI

en note, et p. 16).

[358] Ici s'arrête le texte de la présente séance du 17 avril

dans la pièce imprimée signalée à la note 342 de la page

91.—A ce texte la pièce imprimée ajoute la mention suivante:

«Fait et arrêté en Assemblée générale de la section, les jour

et an susdits. Signé: BOUSSAROQUE, président, et MARESCHAL,

secrétaire-greffier.»—Pour extrait conforme à l'original:

MARESCHAL, secrétaire-greffier.» Ensuite vient l'adresse de la

section des Postes au Conseil général de la Commune, adresse

dont l'impression avait été décidée, le 17 avril, ainsi qu'on

vient de le voir. Cette adresse occupe les pages 3 à 6 de la

pièce imprimée. Le _Journal de Paris_ du 20 avril, p. 449, en

cite plusieurs passages en en faisant un grand éloge; en voici le

texte _in extenso_ d'après la pièce imprimée.

Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792 · 第 145 / 357 题