_Assemblée générale de la section des Postes séante à Saint-Eustache le
mercredi vingt-sept avril mil sept cent quatre-vingt-onze._
La section des Postes convoquée en la manière accoutumée par suite
de l'Assemblée du vingt-deux de ce mois, il a été fait lecture du
procès-verbal de cette séance.
Par résultat du scrutin fait en cette Assemblée, personne n'ayant réuni
la majorité absolue des suffrages pour la nomination à la place
de chef d'atelier qui était déférée à la section des Postes, il a été
procédé à un nouveau scrutin.
MM. Alavoine et Vanier, des fermes[164], scrutateurs nommés en la
dernière séance ont continué leurs fonctions en cette qualité. M.
Légier, troisième scrutateur nommé en la même Assemblée, se trouvant
absent, M. Barré[165] a été nommé par acclamation pour le remplacer.
Le nombre des votants s'est trouvé être de cent quarante-neuf,
dépouillement fait du scrutin, personne ne s'est encore trouvé réunir la
majorité absolue des suffrages, de sorte qu'on a été obligé de procéder
à un troisième scrutin qui a été de ballottage entre MM. Boicheresse et
Duclos qui se trouvaient avoir réuni l'un et l'autre le plus de voix.
Le nombre des votants à ce troisième scrutin était de
quatre-vingt-quinze; dépouillement fait, M. Pierre Boicheresse, natif
de Paris, paroisse Saint-Eustache, y demeurant rue Montmartre, nº 254,
ancien secrétaire du bataillon de la Jussienne et sergent-major de la
4e compagnie dudit bataillon, taille de cinq pieds, visage long et
oval, cheveux et sourcils bruns, yeux gris, nez moyen, bouche petite et
menton rond, ayant réuni cinquante-trois suffrages qui était (_sic_)
plus que la majorité, a été proclamé. M. Boicheresse étant présent a
fait de suite son acceptation et ses remerciements à l'Assemblée, et
d'après l'instruction du Département des travaux publics, il a présenté
M. Pierre Régnard (_sic_)[166], commissaire de la section des Postes,
et M. de Coton, demeurant rue Montmartre, nº 246, qui a bien voulu se
porter caution pour lui de la somme de quatre cents livres, suivant la
soumission qu'il en a faite sur l'expédition du procès-verbal.
M. le Président a ensuite fait lecture du compte des recettes des
quêtes faites dans la section pour la délivrance des prisonniers pour
mois de nourrice, et des dépenses occasionnées pour la liberté de dix
pères de famille de la section. La recette s'est trouvée monter à
la somme de sept cent quarante livres dix-neuf sols, et la dépense à
celle de six cent treize livres neuf sols trois deniers, ainsi que M. le
Président en a justifié par la quittance de M. Filleul, commis chargé
de cette partie. L'Assemblée, pleinement satisfaite du compte que lui
a rendu M. le Président, lui a témoigné ses remerciements de tous les
soins et peines qu'il s'était donnés pour la section dans l'exécution
de cette œuvre de charité et a arrêté: 1º que la copie du compte
resterait, pour la décharge, annexée au procès-verbal de ce jour; 2º
que les écrous des dix prisonniers délivrés seraient brûlés, afin qu'il
ne reste dans la section aucun vestige de leur malheur (ce qui a été à
l'instant exécuté); 3º enfin que les cent vingt-six livres neuf sols
neuf deniers, formant l'excédent de la recette sur la dépense, seraient
versées à la caisse des pauvres de la section.
Il a été ensuite fait lecture de la lettre de M. Montmorin, ministre
des affaires étrangères par lui adressée au nom du Roi le vingt-trois
de ce mois à tous les ambassadeurs de France près les puissances
étrangères[167].
Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes les jour
et an susdits.