_Assemblée générale de la section des Postes du jeudi dix février mil
sept cent quatre-vingt-onze._
La section des Postes, convoquée sur la demande de plus de cinquante
citoyens et en la manière accoutumée, M. Barré, commissaire de la
section, a été prié de remplir les fonctions de secrétaire en l'absence
du secrétaire-greffier.
Le procès-verbal de la dernière Assemblée du vingt janvier dernier ayant
été lu, on a passé à l'ordre du jour; il a été fait lecture: 1º de la
pétition relative à la suppression des échoppes et étalages qui causent
les plus grands torts, tant au commerce en général qu'à la sûreté et à
la liberté de la voie publique.
2º d'une pétition sur le même sujet. Après une très longue discussion,
la question, à la majorité, a été ajournée au premier avril prochain.
Il a été fait lecture[102] d'une délibération de la section de
Mauconseil[103], du neuf de ce mois, relativement au départ de Mesdames
Tantes du Roi, par laquelle ils demandent (_sic_)[104], qu'il soit
nommé un commissaire par chaque section pour se rendre, le samedi douze
de ce mois, à neuf heures du matin, à la salle de la bibliothèque des
Grands-Augustins, à l'effet d'y rédiger une pétition pour être présentée
à l'Assemblée nationale; la matière mise en délibération, l'Assemblée a
adhéré à l'arrêté de la section de Mauconseil, a nommé à la pluralité
pour son commissaire M. Le Terrier, citoyen de la section, et a
autorisé le secrétaire-greffier à lui délivrer l'extrait de la présente
délibération pour lui servir de pouvoir[105].
Sur la demande d'un citoyen que l'on mette à exécution les ordonnances
et règlements de police concernant les charretiers et voituriers qui
amènent des provisions sur le carreau de la Halle et qui, en outre,
passent les heures prescrites pour le séjour de leurs voitures dans les
rues Montorgueil, de la Tonnellerie et autres avoisinantes la Halle,
causent les plus grands encombrements et gênent la voie publique, M. le
Président a dit qu'on y aurait égard et qu'on renouvellerait les ordres
pour l'exécution des règlements.
Il a été fait lecture[106]:
1º D'une délibération de la section de la place de Louis-quatorze,
du vingt-sept janvier dernier[107], concernant: 1º Les Assemblées
de la société du[108] Club monarchique[109]; 2º sur[110] les mesures
à prendre par la Municipalité pour le renvoi des personnes sans aveu
et notamment les étrangers; 3º pour la suppression[111] des tabagies
nocturnes et maisons de jeux qui se propagent à l'infini dans Paris,
et notamment au Palais-Royal[112]; 4º enfin sur[113] la nécessité
indispensable de solliciter de la Municipalité les munitions nécessaires
pour mettre la garde nationale parisienne dans un état de défense contre
les dangers[114].
L'Assemblée, après avoir examiné tous les articles de cette
délibération et avoir reconnu combien ils étaient justes et essentiels,
y a adhéré, et a décidé que copie de la présente délibération serait
adressée à nos frères de la section de Louis-XIV[115] (_sic_).
2º [D']une délibération de la section de la Bibliothèque du dix-sept
janvier dernier, concernant le scandale et le tort incalculable que
l'agiotage fait au commerce. L'Assemblée, convaincue de ces principes
et de la nécessité où l'on est de supplier l'Assemblée nationale
[d']interposer son autorité pour la suppression de cet abus, a adhéré
à la délibération de ses frères de la section de la Bibliothèque et a
décidé que copie de la présente leur serait adressée.
Fait et arrêté en l'Assemblée générale de la section des Postes, les
jour et an susdits.
[signe] DESLAURIERS[116].