REGISTRE

_Des délibérations de l'Assemblée générale de la section,

commencé le 4 décembre 1790, jusqu'au 5 septembre 1792._

C'est le seul registre d'Assemblée générale de section que nous

possédions encore pour la période considérée[1]. Pendant la Révolution,

chacune des 48 sections de Paris avait un grand nombre de registres:

d'abord ceux qui contenaient les procès-verbaux des Assemblées

générales; ensuite ceux où étaient consignés les résultats des

délibérations des Assemblées primaires électorales; puis les registres

des Comités civils, ceux des Comités révolutionnaires, etc. Il y avait

aussi une grande quantité de papiers sur lesquels étaient consignés

des actes isolés: extraits des procès-verbaux des Assemblées ou des

Comités, lettres circulaires[2], etc. De tous ces documents, les

plus importants étaient bien évidemment les registres des Assemblées

générales, puisqu'ils contenaient, dans leur succession chronologique,

l'ensemble des délibérations politiques prises par les sections. Or,

tandis que les feuilles volantes étaient dispersées dans toutes les

directions, de même qu'un certain nombre de registres des Comités civils

ou révolutionnaires, voire d'Assemblées primaires, la presque totalité

des registres d'Assemblées générales de sections, étaient versés, en

l'an IV, à l'Administration centrale et complètement détruits en mai

1871, lors de l'incendie qui, pendant la Commune, anéantit le bâtiment

de la Préfecture de Police.

M. Lucien Lazard, aujourd'hui sous-archiviste de la Seine, a retrouvé,

en 1897, au bureau des mairies de la Préfecture de la Seine, un état

manuscrit des documents de l'ancienne Municipalité de Paris, dressé

avant l'incendie de mai 1871. Cet état comprend l'énumération des

divers registres conservés à cette époque à la Préfecture de la Seine

(documents concernant la Municipalité et le Département) et de ceux

conservés à la Préfecture de Police. Voici ce qui, dans cet état,

concerne cette dernière catégorie de documents aujourd'hui entièrement

anéantis:

_Préfecture de Police:_

340 Registres, procès-verbaux des 48 sections;

59 —— décisions de diverses autorités municipales.

D'autre part M. Labat, ancien archiviste de la Préfecture de Police,

s'est occupé de ces documents, à la fin du premier de ses deux articles

de la _Gazette des Tribunaux_ (n{os} des 6 et 11 juillet 1882, pp.

655 et 671) sur _Les Archives de la Préfecture de Police et l'incendie

de 1871_. M. Labat y énumère les différents «registres afférents

à la période révolutionnaire». Après avoir rappelé ceux qui sont

relatifs aux diverses prisons de Paris à cette époque, il mentionne

enfin: «Tous les registres, au nombre de plus de trois cents, sur

lesquels étaient inscrits les procès-verbaux des séances tenues par

les Comités révolutionnaires des diverses sections de Paris, auxquels

s'en trouvaient joints deux ou trois du club des Cordeliers.—n des

Comités, celui de la section du Mont-Blanc, avait fourni une plus

grande quantité de registres que les autres, et ils étaient tenus avec

un ordre, un soin, une régularité qu'on était loin d'observer partout

au même degré. A chaque procès-verbal on avait annexé les documents,

manuscrits ou imprimés, communiqués à la section et qui avaient fait

l'objet de discussions dans la séance ou sur lesquels le Comité avait à

délibérer.—La perte de ces registres, si précieux pour l'étude de la

vie politique de la population parisienne à cette époque agitée, est

des plus déplorables et, malheureusement, elle est irréparable...» Il

est certain que M. Labat fait erreur en ne parlant ici que de registres

de _Comités révolutionnaires_. Un grand nombre des registres de

l'époque révolutionnaire, conservés à la Préfecture de Police, étaient

en effet des registres d'Assemblées générales, comme le prouvent les

travaux effectués dans ces Archives par Barthélemy-Saint-Hilaire et par

Mortimer-Ternaux.

Le registre que nous éditons aujourd'hui, au lieu d'avoir été versé au

dépôt central[3], était resté, jusqu'à la fin du XIXe siècle, à la

mairie du IIe arrondissement dans la circonscription de laquelle est

compris le territoire de l'ancienne section des Postes. C'est là qu'il

fut découvert par M. Marius Barroux, actuellement archiviste

de la Seine, lorsque le service des Archives du département, à qui

il appartient de conserver désormais cette catégorie de documents,

entreprit une vaste enquête auprès de toutes les mairies de Paris, en

vue de retrouver ceux de ces documents qui pouvaient encore subsister.

Après de longues démarches, ce service parvint enfin, en 1891, à entrer

en possession du précieux registre qui est conservé aujourd'hui dans le

bâtiment des Archives départementales, sous la cote VD* 1001.

La leçon donnée par l'incendie de 1871 n'a pas été perdue et, depuis

une vingtaine d'années, les efforts des travailleurs isolés, ceux des

sociétés savantes et surtout le concours puissant du Conseil municipal

de Paris tendent, en les publiant, à mettre définitivement à l'abri d'un

nouvel accident, toujours possible, les restes de la riche documentation

relative à l'histoire sectionnaire de Paris pendant la Révolution. La

présente publication est une contribution de plus à cette œuvre.

Elle comprend les séances de l'Assemblée générale de la section des

Postes, depuis le 4 décembre 1790 jusqu'au 5 septembre 1792. Comme la

loi du 21 mai-27 juin 1790, qui établit la nouvelle organisation de

Paris en 48 sections, commençait à peine à être appliquée, à la fin de

1790, il y a toutes probabilités pour que le présent registre ait été

le premier de l'Assemblée générale de la section. Je ferai d'ailleurs

remarquer que le procès-verbal du 4 décembre 1790 porte, en tête, les

mots suivants: _Première assemblée_. Je ne sais pourquoi le tiers

seulement de ce registre a été utilisé. J'ignore si un ou plusieurs

autres registres faisaient la suite de celui-ci, après le procès-verbal

du 5 septembre 1792. Le contraire est vraisemblable: jamais la série

des procès-verbaux de sections n'a été complète. Les travailleurs qui

ont pu dépouiller ces documents, avant l'incendie de 1871, sont formels

à cet égard; Mortimer-Ternaux, qui a fait son travail vers 1860,

constate, outre la disparition de quelques registres[4], la mutilation

de plusieurs de ceux qui subsistent, mutilation qu'il attribue

au désir des intéressés d'effacer _les traces de leur honte_[5]. Nous

savons aujourd'hui que cette mutilation est due au peu de scrupule

d'un érudit, Barthélemy-Saint-Hilaire. Celui-ci, qui nous a, par son

providentiel larcin, valu la conservation de nombreux fragments des

procès-verbaux de sections[6], a fait son travail de dépouillement

dans la deuxième moitié de l'année 1834, c'est-à-dire à une époque

où, très probablement, personne d'autre que lui n'avait encore songé

à utiliser ces textes. Selon toute apparence les registres devaient

être alors intacts et tels qu'au moment où ils avaient été déposés aux

Archives de la Préfecture de Police. Or les analyses qu'en a laissées

Barthélemy-Saint-Hilaire[7], montrent qu'ils étaient incomplets. Voici,

à titre d'exemple, l'état dans lequel se trouvaient, à cette époque, les

registres de la section du Luxembourg.

Procès-verbaux de l'Assemblée générale de la section des Postes 4 Décembre 1790 - 5 Septembre 1792 · 第 11 / 357 题