Fin mars 1924.
L’auteur de ce livre, qu’il vient de reviser, après la cinquantième
édition, d’après les notes de ses amis indiens, croit bon de résumer en
quelques lignes les événements accomplis depuis 1924 dans le parti
gandhiste, et la situation dans l’Inde, en juin 1926.
A sa sortie de prison, et après sa convalescence, Gandhi fut élu
président du Congrès de toute l’Inde, pour l’année 1925. Sans modifier
ses principes fondamentaux, et tout en se refusant personnellement à
toute «coopération», il céda aux instances d’une section de
_Swarajstes_, et, dans l’intérêt de la cause indienne, il permit à ceux
de son parti qui le désiraient, de coopérer, en rentrant dans les
Conseils législatifs du gouvernement anglo-indien. Il continua surtout à
travailler pour le rétablissement de l’unité hindoue-musulmane (tâche
difficile, car le gouvernement britannique fomente la discorde), à
développer la fabrication du _khaddar_ (tissu indigène), et à lutter
contre l’intouchabilité: (ici, les gandhistes ont remporté une victoire
signalée, dans l’État de Travancore).
A l’expiration de sa présidence, fin 1925, Gandhi fut remplacé par sa
disciple, la poétesse hindoue, Mrs Sarojini Naïdu. Depuis, il a
momentanément renoncé à l’activité _politique_ directe. Retiré dans son
Ashram (monastère) de Sabarmati, il se consacre à la méditation, à
l’éducation des enfants, et à la direction des disciples, ainsi qu’à la
propagande du _khaddar_. Il est un chef religieux, la plus haute
autorité morale de l’Inde. Les chefs des partis _Swarajstes_ viennent
dans sa retraite lui demander conseil; et dans ses deux revues:
_Navajiran_ et _Young India_, il fait entendre régulièrement sa voix,
qui montre le chemin et maintient fermement les principes.