PERSONNAGES

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Note du transcripteur.

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Ce document est tiré de:

OEUVRES COMPLÈTES DE

SHAKSPEARE

TRADUCTION DE

M. GUIZOT

NOUVELLE ÉDITION ENTIÈREMENT REVUE

AVEC UNE ÉTUDE SUR SHAKSPEARE

DES NOTICES SUR CHAQUE PIÈCE ET DES NOTES

Volume 2

Jules César.

Cléopâtre.--Macbeth.--Les Méprises.

Beaucoup de bruit pour rien.

PARIS

A LA LIBRAIRIE ACADÉMIQUE

DIDIER ET Cie, LIBRAIRES-ÉDITEURS

35, QUAI DES AUGUSTINS

1864

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LA COMÉDIE

DES MÉPRISES

NOTICE

SUR LA COMÉDIE DES MÉPRISES

Il est peu de comédies qui aient été aussi souvent et aussi diversement

reproduites sur la scène que les _Ménechmes_ de Plaute; c'est la seule

dette que Shakspeare ait contractée envers les auteurs dramatiques de

l'antiquité. Mais il a su enrichir l'idée du poëte latin par l'apparence

nouvelle qu'il lui donne et les incidents qu'il a multipliés. _Les

Méprises_ sont un vrai modèle d'intrigue. Tout le comique des situations

résulte, il est vrai, d'une invraisemblance exagérée encore par

Shakspeare; car les deux frères jumeaux ont deux esclaves jumeaux comme

eux, et qui portent le même nom. Mais, ainsi que l'observe très-bien M.

Schlegel, il n'y a pas de degrés dans l'incroyable; si l'on accorde une

des ressemblances, on aura tort de faire des difficultés pour l'autre;

et si les spectateurs s'amusent des méprises, elles ne pourront jamais

se croiser et se combiner trop diversement. La variété des événements et

des rencontres imprévues des quatre frères; le danger que court celui

qui se voit arrêté pour dettes, et qui est ensuite enfermé comme fou,

tandis que l'autre, voyant sa vie attaquée, est obligé de se réfugier

dans une abbaye; deux scènes d'amour et de jalousie sauvent la pièce de

l'ennui que pourrait amener l'éclaircissement trop longtemps différé.

Malgré toutes les intrigues qui s'entre-croisent, tout est lié dans

la fiction, tout s'y développe de la manière la plus heureuse, et le

dénoûment a quelque chose de solennel par la reconnaissance qui a lieu

devant un tribunal auquel préside le prince.

Shakspeare a eu l'art de motiver son exposition; dans les _Ménechmes_ de

Plaute, elle est faite au moyen d'un prologue; mais ici elle consiste

dans le grave récit des douleurs d'un père à qui la constance de ses

regrets va coûter la vie.

Peut-être devons-nous être fâchés que Shakspeare n'ait pas conservé le

personnage du parasite de Plaute; mais Shakspeare ne connaissait tout au

plus Plaute que par une traduction anglaise, et son génie indépendant et

capricieux ne pouvait s'astreindre à imiter servilement un modèle. Comme

Regnard, de nos jours, il a su introduire dans le cadre de l'auteur

latin la peinture de son siècle, en conservant des noms classiques à ses

personnages. Il serait plutôt à désirer que, moins entraîné par le

vice de son sujet, il eût évité l'écueil des trivialités et quelques

plaisanteries grossières, qui cependant sont toujours empreintes de

ce cachet d'originalité dont Shakspeare marque ses défauts comme ses

beautés.

L'aventure de Dromio avec la Maritome d'Antipholus de Syracuse rappelle

naturellement les scènes si comiques de Cléanthis et de Sosie dans

_Amphitryon_.

Le reproche de liberté, adressé par quelques critiques à Molière, qui

cependant écrivait pour une cour jalouse des convenances jusqu'à la

pruderie, prouve combien il était difficile de conserver le décorum dans

un sujet aussi épineux; et Shakspeare, favori de la cour, était encore

plus le poëte du peuple.

Si cette comédie, moins intéressante par la peinture des caractères que

par la variété des surprises où conduit la ressemblance des jumeaux, est

inférieure aux autres comédies de Shakspeare, il faut autant l'attribuer

au vice du sujet qu'à la jeunesse de l'auteur; car ce fut une de ses

premières pièces. Plusieurs critiques ont même prétendu qu'elle n'avait

été que retouchée par lui. Mais il suffirait, pour y reconnaître

Shakspeare, de quelques traits de morale qui attestent sa profonde

connaissance du coeur humain. Avec quelle adresse l'abbesse qu'Adriana

va consulter arrache à sa jalousie l'aveu de ses torts! quels sages avis

pour toutes les femmes!

Selon Malone, cette comédie aurait été écrite en 1593; et selon

Chalmers, en 159l.--La traduction anglaise des _Ménechmes_ de Plaute,

par W. Warner, ne fut imprimée qu'en 1595; mais dans Hall et Hollingshed

il est fait mention d'une jolie comédie de Plaute, qu'on dit avoir

été jouée dès l'an 1520, et quelques-uns prétendent que c'étaient les

_Ménechmes_.

En Allemagne, ce sujet a été traité aussi dès l'origine du théâtre; mais

c'est surtout en Italie que ce canevas a été souvent employé.

Nous citerons parmi les imitations françaises celles de Rotrou et de

Regnard.

Donner l'analyse de la pièce de Rotrou, c'est donner en même temps

l'extrait de celle de Plaute; sa comédie est plutôt une traduction

qu'une imitation.

Ménechme Sosicle arrive à Épidamne, lieu de la résidence de son frère,

sans savoir qu'il y est établi. Il est émerveillé de s'y voir connu et

nommé par tout le monde, accablé des reproches d'une femme qui veut être

la sienne, et des caresses d'une autre qui se contente d'un titre plus

doux.

Rotrou a un peu adouci le personnage de la courtisane Érotie, dont il

fait une jeune veuve qui met de la pruderie dans ses épanchements, et

qui permet que Ménechme lui fasse la cour, pourvu, lui dit-elle,

Qu'elle demeure aux termes de l'honneur,

Que mon honnêteté ne soit point offensée,

Et qu'un but vertueux borne votre pensée.

Elle n'ignore pas cependant que Ménechme est marié. Shakspeare a

été plus fidèle aux vraisemblances en conservant à ce personnage le

caractère de courtisane que lui donne le poëte latin.

Regnard a imaginé une autre fable. Ses Ménechmes ne sont point mariés,

tous deux veulent l'être et sont rivaux. L'un est un provincial grossier

et brutal, qui vient à Paris recueillir la succession d'un oncle. Il

a été institué légataire universel, parce que le défunt ignorait la

destinée du second de ses neveux, qui avait quitté dès l'enfance la

maison paternelle.

Cependant le chevalier Ménechme est à Paris, aux prises avec la mauvaise

fortune; une vieille douairière se sent toute portée à changer son sort

en l'épousant, et le chevalier ne fait pas le difficile, lorsque son

amour pour Isabelle, la propre nièce d'Araminte, lui ouvre les jeux sur

l'âge de sa tante. C'est cette même Isabelle que son frère doit épouser,

et que Démophon son père a promise à Ménechme, en considération de la

succession qu'il vient recueillir. Le hasard instruit le chevalier

de cette aventure, et il ne songe plus qu'à souffler à son frère sa

maîtresse et son héritage. Peut-être n'est-ce pas là une intention

très-morale, et le chevalier nous semble friser un peu les chevaliers

des brelans, quoiqu'il se donne, lors de la reconnaissance, un air de

générosité en partageant la fortune de l'oncle avec Ménéchme, et en lui

cédant une de ses deux maîtresses.

On a aussi reproché à Regnard d'être trivial et bas; reproche peu fondé,

son comique nous semble au niveau de son sujet; en voulant s'élever, il

risquait, comme ses devanciers, de devenir froid et de cesser d'être

plaisant. La comédie des _Ménechmes_ est une de celles qui servent de

fondement à sa réputation.

Nous ne citerons pas la comédie des _Deux Arlequins_ de Le Noble, ni

_les Deux Jumeaux de Bergame_. Les personnages de nos Arlequins nous

semblent fort heureusement choisis pour donner un air de vérité à ces

sortes de pièces, à cause du masque qui fait indispensablement partie de

leur costume, et de ce costume lui-même, qui prête à l'illusion plus que

tout autre.

LA COMÉDIE

DES MÉPRISES

PERSONNAGES

SOLINUS, duc d'Éphèse.

ÆGÉON, marchand de Syracuse.

ANTIPHOLUS d'Éphèse,

ANTIPHOLUS de Syracuse, frères jumeaux et fils d'Ægéon et d'Emilie,

mais inconnus l'un à l'autre.

DROMIO d'Éphèse,

DROMIO de Syracuse, frères jumeaux et esclaves des deux Antipholus.

BALTASAR, marchand.

ANGÉLO, orfèvre.

UN COMMERÇANT, ami d'Antipholus de Syracuse.

PINCH, maître d'école et magicien.

ÉMILIE, femme d'Ægéon, abbesse d'une communauté d'Éphèse.

ADRIANA, femme d'Antipholus d'Éphèse.

LUCIANA, soeur d'Adriana.

LUCE, SUIVANTE DE LUCIANA.

UNE COURTISANE.

UN GEOLIER.

OFFICIERS DE JUSTICE ET AUTRES.

La scène est à Éphèse.

La Comédie des Méprises · 第 1 / 27 题