M. Hervart resserra la prison de ses jambes. Ce fut sa première réponse.

--Nous voilà complices, Rose, dit-il ensuite. C'est grave.

--Je l'espère bien.

--Nous le sommes depuis plus longtemps.

--Depuis ce matin, oui.

Elle rougit un peu.

--Surtout, reprit M. Hervart, depuis que vous avez dit: Il faut croire.

--J'ai dit ma pensée.

--C'est la mienne aussi.

«Ainsi, songeait-il, je dis ce qu'il faut dire, sans trop m'avancer.

Ah! si j'osais!»

Le microscope, cependant, l'inquiétait.

--J'en achèterai un, dit-il, je vous le laisserai. Il me servira quand

je viendrai.

--Taisez-vous, dit Rose, à mi-voix, mais sur un ton violent. Parler de

venir, c'est parler de partir!

M. Hervart ne sut rien dire. Il se tira d'affaire en redoublant encore

une fois l'étreinte de ses jambes. Celles de Rose répondirent doucement.

On arrivait à la petite gare solitaire. Le train s'annonça. Un quart

d'heure plus tard il était à Cherbourg.

M. des Boys annonça aussitôt son intention d'aller au musée. Il

désirait contempler des chefs-d'œuvre, disait-il, et conférer une fois

de plus son art personnel avec celui des maîtres. M. Hervart se récria.

Ses vacances, c'était de fuir les musées. Il tenait d'ailleurs cette

collection, de noms trop beaux, comme en grande partie apocryphe.

--Les catalogues du Louvre, dit-il, sont déjà trompeurs. Que doit être

celui du musée de Cherbourg?

Un cœur virginal · 第 16 / 47 题