L'auteur avait pensé à qualifier ce livre: Roman sans hypocrisie; mais
il a réfléchi que ces mots paraîtraient malséants, l'hypocrisie étant
de plus en plus à la mode.
Il songea ensuite à: Roman physiologique; c'était encore pire, parce
temps de grands convertis, où la grâce d'en haut purifie si à propos
les petites passions humaines.
Ces deux sous-titres écartés, il ne restait rien; alors il n'a rien mis.
Roman, c'est un roman. Et ce ne serait que cela, si l'on n'avait tenté,
par une analyse sans scrupules, d'y dévoiler, si l'on peut dire, les
dessous d'un «cœur virginal», d'y montrer que l'innocence a ses
instincts, ses besoins, ses obéissances physiologiques.
Une jeune fille n'est pas seulement un jeune cœur, c'est un jeune
corps humain tout entier.
Tel est le sujet de ce roman, qu'il faut bien, tout de même, appeler
«physiologique».