FLORENTINS

+GRANDES FAMILLES+

+Acciajuoli+ (_acciaio_ = acier).--Célèbre et riche famille,

devenue, dès 1310, puissante par Nicolas Acciajuoli, nommé à Naples grand

sénéchal de Jeanne Ière. Son neveu Nicolas Acciajuoli s'empara de la

Grèce en 1364 et en fut nommé suzerain par l'impératrice de

Constantinople. La principauté des Acciajuoli détruite en 1456 par

Mahomet II qui fit tomber la Grèce sous le joug turc, les Acciajuoli

rentraient à Florence et prenaient une part active aux affaires

publiques; en 1510, Robert Acciajuoli était ambassadeur des Médicis

auprès de François Ier.

Florence, tombeaux à la chartreuse d'Ema, nom donné à une rue principale

de la ville.

+Albizzi+.--Noble famille gibeline qui dirigeait le parti

aristocratique dans la seconde moitié du XIVe siècle et dans la première

du XVème. Privée de toute influence et exilée par la révolution de 1378,

elle reprit le pouvoir en 1381 et gouverna avec despotisme et tyrannie,

jusqu'au rappel des Médicis (1434), qui l'exila de Florence.

+Alberti+.--Famille sortie, comme les Médicis, du gros négoce,

_arts majeurs_, se mit avec eux à la tête des _arts mineurs,

popolo minuto_, contre le parti aristocratique mené par les Albizzi

dès le XIVe siècle; les Alberti furent exilés par les Albizzi au

pouvoir; mais ils rentrèrent avec les Médicis et restèrent fidèlement

leurs alliés (1434).

+Aldobrandini+.--Noble famille guelfe dont les principaux membres

furent: Silvestre Aldobrandini, célèbre jurisconsulte (1449-1558), mort

en exil par suite de son opposition aux Médicis. La famille, dès lors

exilée de Florence à Rome, donna à l'Église le pape Clément VIII.

Jean Aldobrandini, au XVIIe siècle, fut l'acquéreur de la fameuse

fresque dite _Noces Aldobrandines_, actuellement à la bibliothèque

du Vatican.

+Abati+.--Famille gibeline de l'_Arte Calimara_ qui, dès 1216,

s'éleva aux honneurs.

Neri de Abati, prieur vers 1250, fut d'une telle férocité qu'il mit le

feu à une partie de Florence pour satisfaire ses haines. En 1260, Bocca

de Abati trahit Florence en faveur de Sienne à la bataille de Montaperto,

épisode stigmatisé par le Dante (_Enfer_, XXXII, 77-108).

+Bardi+.--La banque fut la source de la richesse de cette famille

alliée aux Médicis. Cosme l'Ancien avait épousé une Bardi et les Médicis,

poussés et soutenus par les Bardi, trouvèrent toujours en eux les plus

fidèles et les plus utiles alliés.

+Buondelmonti+.--Fameuse famille à laquelle est due la première

scission de l'aristocratie en Guelfes et Gibelins par suite de

l'assassinat, en 1215, de Buondelmonte des Buondelmonti par les Uberti à

l'occasion de son refus d'épouser une de leurs parentes à laquelle il

était fiancé.

+Capponi+.--Famille gibeline alliée et inféodée aux Albizzi et qui,

dès 1347, partagea avec eux le pouvoir et l'exil.

+Cavalcanti+.--Très noble et très ancienne famille gibeline ayant

toujours pris une part active dans les affaires publiques. Guide

Cavalcanti ({~DAGGER~} 1301) fut un poète remarquable. Il épousa la fille de

Farinata degli Uberti et fut l'ardent ami du Dante.

+Donati+.--Une des plus anciennes familles gibelines. En 1300, Corso

Donati, chef du parti des Noirs, fut expulsé de Florence. Rentré avec les

Gibelins triomphants après Mortaperto, son despotisme devint tel que son

parti l'abandonna et qu'il dut prendre la fuite. Condamné par contumace,

il se tua au moment où on l'arrêtait (1308).

+Pazzi+.--Famille de banquiers gibelins, célèbre, dès 1277, par sa

haine des Médicis et l'opposition qu'elle leur fit toujours, les

considérant comme des parvenus.

En 1478, les Pazzi tramèrent contre Julien et Laurent de Médicis le

fameux complot qui garda leur nom et où fut assassiné Julien.

L'histoire de cette conspiration a été écrite par Ange Politien.

La chapelle funèbre des Pazzi dans le cloître de Santa Croce est d'une

beauté accomplie. Dante a placé un des Pazzi dans le XXXIIème chant de

l'_Enfer_.

+Pulci+.--Noble famille guelfe dont il est déjà fait mention parmi

celles que les Gibelins triomphants expulsèrent en 1248.

+Pucci+.--Ils faisaient partie des _arts mineurs_, furent

anoblis par les Médicis auxquels ils s'étaient inféodés.

+Pitti+.--La famille des Pitti, après avoir appartenu à la

corporation des marchands, devint, dès 1300, célèbre dans la banque.

Égaux aux Médicis, les Pitti furent leurs plus zélés partisans. En 1374,

Buonaccorso Pitti, en se déclarant pour eux, entraîna une grande partie

de la seigneurie en leur faveur. Luca Pitti, fils du précédent, fut

célèbre par la construction du fameux palais qui porte son nom.

+Portinari+.--Ancienne famille marchande anoblie, célèbre par la

passion du Dante pour Béatrice Portinari. Folco Portinari, le père de

Béatrice, est le fondateur de l'hôpital Santa Maria Nuova. En 1400,

François Portinari, agent des Médicis à Bruges, faisait exécuter par Hugo

van der Goes le tableau de l'_Adoration_ où il est représenté avec

sa famille.

+Soderini+.--Une des plus vieilles et des plus intègres familles

guelfes de Florence, s'étant toujours signalée par son opposition aux

empiétements des Médicis. Son membre le plus distingué fut Nicolas

Soderini, le remarquable et zélé patriote qui, après la mort de

Savonarole, fut nommé gonfalonier à vie. La réaction médicéenne le força

à s'exiler à Venise où il fut assassiné par ordre de Cosme Ier.

+Strozzi+.--Une des plus anciennes familles et un des plus glorieux

noms des annales florentines. Souvent à la tête des affaires publiques,

les Strozzi furent aussi distingués dans la politique que dans la science

et dans les armes.

Pallas Strozzi, né en 1372, possesseur d'une immense fortune, la consacra

à la formation de la bibliothèque célèbre sous son nom. Hostile aux

Médicis, il mourut à Padoue où Cosme l'avait exilé. Philippe Strozzi,

petit-fils du précédent (1488-1538), dédaigneux des traditions de sa

race, épousa une Médicis; mais, après avoir aidé puissamment à leur

restauration, révolté de leurs excès, il conspira contre eux. Mis à la

torture, ne voulant pas subir une seconde fois ce supplice, il se suicida

dans la citadelle de Pistoie où il était détenu. Pierre Strozzi, fils du

précédent, brûlant de venger son père, entra au service de la France où

il fut nommé maréchal. Il conduisit glorieusement une campagne pour

délivrer Sienne du joug de Cosme Ier.

Le palais Strozzi, via Tornabuoni, est le plus beau des palais

florentins. A l'église Sainte-Marie Nouvelle la chapelle Strozzi, fondée

par la famille, fut décorée en 1350 par les Orcagna. A droite du choeur,

la chapelle Philippe Strozzi, décorée des fresques de Filippino Lippi

(1486), contient son tombeau.

+Valori+.--Très ancienne famille guelfe ayant, dès 1277, joué un

rôle actif dans la direction des affaires de la République: enrichis par

la banque, ils furent d'ardents ennemis des Médicis.

François Valori fut un des plus zélés partisans de Savonarole auquel il

apporta l'appui de son autorité et de l'estime universelle dont il

jouissait.

+Tornabuoni+.--Famille guelfe déjà célèbre dès 1200, fit partie, en

1283, des familles exilées par les Gibelins triomphants rentrés après la

défaite de Montaperto. Jean Tornabuoni fit à l'église Sainte-Marie

Nouvelle le don des fameuses fresques de Ghirlandajo (1490). Le palais

Tornabuoni (n° 20, via Tornabuoni) est actuellement le palais Corsini.

+Uberti+.--Noble et ancienne famille gibeline. Proscrite par les

Guelfes, elle doit sa célébrité à Farinata des Uberti qui, réfugié à

Sienne, combattit les Florentins dans les rangs siennois. Rentré à

Florence avec les Gibelins triomphants, ce fut grâce à son intervention

que la ville échappa à la destruction totale. Dante a placé cet épisode

au chant X de son _Enfer_.

+HISTORIENS, POÈTES, LITTÉRATEURS+

+Dante Alighieri+ (1265-1321).--Célèbre poète italien de la noble

famille des Alighieri jetée dans l'exil par le triomphe des Gibelins

après Montaperto. Né en 1265, il cultiva toutes les sciences connues de

son temps. Il prit une part active aux affaires publiques, mais le

triomphe des Noirs l'exila définitivement de Florence en 1302. Et, après

avoir erré dix-neuf ans loin de sa patrie, il mourut à Ravenne en 1321.

Sa vie a été écrite par Philippe Villani, Boccace et l'Arétin. Il composa

à vingt-six ans son premier ouvrage, _la Vita Nuova_, suivi de près

par _le Banquet_, oeuvre écrite pour préconiser l'emploi de la langue

vulgaire par les prosateurs et les poètes. Le chef-d'oeuvre du Dante et de

la langue italienne est la _Divine Comédie_, divisée en trois

parties: l'Enfer, le Purgatoire, le Paradis. Il mit vingt-huit ans à

écrire son poème, commencé en 1292, pendant lesquels il publia deux

ouvrages en langue latine appelés: 1° _De vulgari eloquio_ où il

traite encore de l'emploi et du génie de la langue italienne; 2° _De

Monarchia_, traité de politique en trois livres qui, sous une forme

scolastique, renferme les théories les plus hardies.

+François Guicciardini+ (1482-1540).--Historien célèbre né à

Florence en 1482, mort en 1540, sortait d'une famille qui avait occupé

les plus grandes charges de la République florentine. Né à une époque où

le gouvernement des Médicis était établi, il leur consacra ses services

et son talent et les représenta souvent avec éclat comme ambassadeur.

Après l'assassinat du grand-duc Alexandre, en 1537, ce fut grâce à son

influence et à son éloquence que ne fut pas proclamée la République et

que Cosme Ier fut élu grand-duc. Il entreprit alors l'_Histoire de

l'Italie_ à laquelle il travailla vingt-sept ans et qui est son

principal titre de gloire. Elle forme vingt livres embrassant de 1494 à

1532; c'est l'histoire des guerres d'Italie pendant cette période, qu'il

a traitée en penseur et en écrivain supérieur.

Guicciardini écrivit encore _Avis et Conseils en matière d'État_,

_Maximes_ et _Discours politiques_ et enfin un _Dialogue sur

le gouvernement de Florence_.

+Louis Guicciardini+ (1523-1589).--Neveu de François, né en 1523,

mort on 1589, remplit diverses fonctions administratives sous Alexandre

et Cosme Ier. Il a laissé des _Mémoires sur la Savoie_ et une

_Description des Pays-Bas_ faite en 1567.

+Nicolas Machiavel+ (1469-1530).--Né en 1469, mort en 1530, est une

des plus célèbres figures de son temps.--Secrétaire de la _République

Florentine_ de 1497 à 1512, il fut chargé de vingt-cinq ambassades et

de plusieurs missions intérieures. Au retour des Médicis, en 1512, il fut

emprisonné et torturé par suite d'une accusation de complot. Sorti de

prison, il vécut dans l'indigence et la retraite et consacra ses loisirs

forcés à la composition de son fameux traité qu'il intitula _le

Prince_; on regarde ce livre de peu d'étendue comme le code de la

tyrannie. Deux ans après, en 1516, Machiavel écrivit des _Discours sur

la première décade Tite-Live_, étude d'histoire romaine pleine de

sagacité et de profondeur; mais où sont reproduites les mêmes théories

que dans le traité du _Prince_, c'est-à-dire cette immoralité vraie

ou feinte appliquée à la science politique qui a conservé l'appellation

de Machiavélisme. Lorsque Machiavel eut écrit _le Prince_, Laurent

le Magnifique le rappela auprès de lui et le nomma historiographe de

Florence. Cette place fut pour lui l'occasion de produire son

chef-d'oeuvre, l'_Histoire de Florence_, écrite de 1205 à 1424,

ouvrage imposant, clair, élégant, plein de profondeur et de couleur

locale, monument de la langue italienne. Les autres oeuvres de Machiavel

sont: une comédie fort licencieuse, _la Mandragore_, et une nouvelle

appelée _Belphégor_.

+Saint Philippe Neri+ (1515-1595).--Fondateur de la Congrégation de

l'Oratoire, des Trinitaires et des Maisons hospitalières pour recevoir

les pèlerins.

+Antoine Neri+ (1520-1600).--Prêtre florentin du XVIe siècle, se

livra aux sciences et plus particulièrement à la chimie où il fit des

découvertes considérables. Ses recherches l'amenèrent à s'occuper plus

particulièrement de la vitrification sur laquelle il publia un volume

appelé _Arte Vetraria_ (l'Art du Verrier).

+Philippe des Nerli+.--De la fameuse famille des Nerli. Inféodé aux

Médicis, il écrivit ses _Commentaires_ en 1550. Ils vont de 1215 à

1257 et sont de précieux documents jusqu'à ce que l'avènement des Médicis

les fassent tourner à une ridicule apothéose des maîtres qu'il sert.

+Jacopo Nardi+ (1496-1556).--Fameux historien, né en 1496,

contemporain des précédents, il semble d'une génération antérieure par

son républicanisme enthousiaste, son austérité chagrine et sa roideur

d'esprit. Dans l'exil auquel il se condamna à la suite de l'avènement de

Cosme Ier, il écrivit son _Histoire de la Ville de Florence_. Cette

oeuvre de son extrême vieillesse (1550) n'est pas suffisamment originale,

puisqu'elle reproduit en partie le _Diario_ de Buonaccorsi.

+Bernard Segni+ (1499-1559).--Quoique Segni ait été client des

Médicis et employé à diverses missions par Cosme, il y a un effort réel

vers l'impartialité dans les deux volumes de son _Histoire florentine

des années 1527 à 1555_. Outre des traductions de plusieurs ouvrages

d'Aristote, il a laissé un _Traité pour gouverner_, écrit en 1549.

+Jacopo Pitti+ (1519-1589).--Ce patricien, descendant de l'illustre

famille des Pitti, aime le peuple et s'indigne jusqu'à l'exagération de

l'abus des privilèges. Sa franchise et son indépendance paraissent

vraiment admirables, quand on pense qu'il écrivait sous les ducs Cosme et

François. On lui doit l'_Archivo Storico italiano_, précieux récit

de la période si agitée qui s'écoule entre les années 1494 et 1529; mais

l'oeuvre qui fait le plus honneur à son talent, c'est son _Apologie de

Cappucini_, c'est-à-dire apologie des vieilles modes et du vieux

temps.

+Marsile Ficin+ (1433-1499).--Ce célèbre platonicien était chanoine

de la cathédrale de Florence. Dès l'âge de vingt-trois ans, il commença à

écrire sur la philosophie platonicienne. On lui doit une traduction de

Platon à la fois littéraire, claire et en bon latin, ainsi que des

traductions de Plotin, de Denys l'Aréopagite et des traités de Jamblique

et de Porphyre.

+Brunetto Latini+ (1220-1294).--Écrivain célèbre appartenant à une

noble famille guelfe. Chassé par les Gibelins après la défaite des

Guelfes à Montaperto, il se réfugia à Paris où il passa vingt-quatre ans.

Il y composa en français son _Trésor de toutes choses_, encyclopédie

qui embrasse tout le cycle des connaissances du XIIIe siècle. De retour

à Florence en 1284, il publia en italien son _Tesoretto_, recueil en

vers de préceptes moraux, et le _Pataffio_, collection de proverbes

et de jeux de mots florentins. Brunetto fut le maître de Dante qui l'a

placé dans le quinzième chant de l'Enfer.

+Benoît Varchi+ (1502-1565).--Célèbre historien qui prit en 1527 une

part active à l'expulsion des Médicis et dut s'expatrier quand ils

revinrent. Cosme Ier le rappela à la suite de l'admiration suscitée par

son _Histoire de Florence_ en quinze volumes écrite de 1527 à 1538.

On a de Varchi, en outre, des traductions italiennes _De la

Consolation_ de Boëce, et du _Traité des Bienfaits_, de Sénèque.

+Jean Villani+ (1275-1348).--Célèbre historien mort de la peste en

1348, fit partie des prieurs de 1316 à 1321 et fut ensuite nommé

directeur des monnaies et surveillant général des fortifications. On a de

lui l'_Histoire florentine_, première partie d'une histoire

universelle allant jusqu'en 1338 où il rapporte tous les événements et

toutes les annales du monde à Florence, sa patrie.

+Mathieu Villani+.--Frère de Jean et continuateur de son _Histoire

de Florence jusqu'à l'année 1363_.

+Philippe Villani+.--A ajouté les événements de 1363 et de 1364. En

outre, il composa des _Vies des Hommes illustres de Florence_,

ouvrage anecdotique fait à l'instar de Plutarque.

+Antoine de Ser Niccolò Pierozzi (saint Antonin)+.--Archevêque de

Florence dès 1446, homme de grande renommée, le pape Pie II avait dû lui

faire violence pour le tirer de son couvent de Fiesole et de la plus

stricte observance dominicaine. Il eut la rare chance d'être prophète en

son pays et sa mort fut une apothéose, si bien que sa canonisation la

suivit presque aussitôt.

+ARCHITECTES, SCULPTEURS, PEINTRES+

+Alberti+ (Leone-Battista) (1405-1472).--Théologien, littérateur,

architecte, sculpteur et mathématicien, fut surnommé le Vitruve moderne.

Sa passion pour les arts lui fit négliger ses fonctions sacerdotales. Il

réforma toute l'architecture autant par les édifices qu'il construisit

que par ses écrits qui firent loi en architecture, en sculpture et

peinture. Ses principaux ouvrages sont _De Re ædificatoria_,

_Momus_ ou _De Principe_, enfin _Opera ethica_. Sa vie a

été écrite par Pozzelli en 1739.

+Albertinelli+ (Mariotto) (1474-1515).--Peintre et condisciple de

Fra Bartolommeo chez Cosimo Rosselli. Florence possède peu d'oeuvres de ce

maître, une _Visitation_ au Musée des Offices et une _Vierge

adorant l'Enfant_ au Musée Pitti.

+Allori+, dit _le Bronzino_ (1502-1572).--Peintre de portraits

surtout.

+Allori+ (Alexandre) (1535-1607).--Reçut les premières leçons de son

oncle le Bronzino. Il fournit les cartons des tapisseries exécutées sous

le grand-duc François. Ses chefs-d'oeuvre sont _le Sacrifice

d'Abraham_ aux Offices, et _la Femme adultère_, dans l'église San

Spirito.

+Allori+ (Christophe) (1577-1619).--Élève de Cigoli et l'un des

meilleurs coloristes de l'école de la décadence, sa _Judith_ des

Offices passe pour sa meilleure oeuvre.

+Ammanati+ (Bart) (1511-1592).--Architecte, élève de Sansovino. Son

talent, exagération de celui de Michel-Ange, le porte à une débauche de

sculpture. On lui doit la _Fontaine_ de la place du Grand-Duc.

+Angelico+ (Fra Giovanni da Fiesole) (1387-1455).--Jeune, riche,

doué de talents extraordinaires, il aurait pu mener dans le monde une

brillante existence: il aima mieux chercher le recueillement et le

silence parmi les moines dominicains. Ses ouvrages sont pleins d'un

charme inexprimable et un artiste ne rendit jamais par la peinture

d'aussi profondes émotions. Il ne peignait et ne consentait à peindre que

des sujets religieux et il refusa toujours les honneurs sacerdotaux et

l'archevêché de Florence qu'on voulait lui imposer.

Le Musée des Offices, l'Académie et surtout le Couvent de Saint-Marc

qu'il décora entièrement, possèdent des oeuvres de premier ordre dues à ce

peintre exquis par excellence.

+Aretino+ (Spinello) (1318-1410).--Élève de Giotto, et

principalement peintre militaire; il montre la fougue la plus impétueuse

dans ses interprétations religieuses elles-mêmes. Ses tableaux du Musée

des Offices et les fresques de l'_Église San Miniato_ donnent un des

meilleurs exemples du talent de Spinello.

+Banco+ (Nanni di) (1400-1421), qu'on présume élève de Donatello,

mais qui semble bien plutôt lui avoir servi de maître. Ses statues d'Or

San Michele, celle de _Saint Luc_ au Dôme sont d'excellents

ouvrages, autant comme composition que comme exécution.

+Baldovinetti+ (Alesso) (1427-1499).--Élève d'Uccello et de

Castagno, fut chargé d'une des fresques de la cour de l'église Santa

Annunziata et d'une partie de la décoration de la chapelle du cardinal de

Portugal à San Miniato. L'Académie contient en outre plusieurs oeuvres de

Baldovinetti.

+Bandinelli+ (Bartolommeo) (1487-1559).--Sculpteur, fut placé dans

l'école de Rustici où il connut Léonard de Vinci. Ayant échoué dans la

peinture, il étudia les ouvrages de Donatello et de Verrocchio. Il se

crut l'égal de Michel-Ange et lui voua une haine éternelle, aussi les

disciples du maître ont-ils cherché à rabaisser son adversaire, en qui

ils ne voient que fausse grandeur, exagération de style, enflure de

mauvais goût. On peut juger du bien ou mal fondé de ces critiques dans

les diverses oeuvres de Bandinelli: le _Saint Pierre_ de la

cathédrale, l'_Orphée_ du palais Pitti et surtout le groupe

d'Hercule et Cacus, érigé sur la place du Palais-Vieux.

+Botticelli+ (Sandro) (1446-1510).--Élève de Lippi, d'Andrea

Castagno et de Pollajuolo, un des plus grands génies de son temps.

Peintre et graveur, ses tableaux, où un caractère passionné se joint à

des conceptions fantastiques, ont une profonde originalité; l'un des

premiers, il introduisit dans l'art moderne l'allégorie et les mythes

antiques. Ses oeuvres à Florence sont de premier ordre et multiples, tant

aux Offices qu'à l'Académie et à Pitti.

+Brunelleschi+ (1379-1446).--Architecte célèbre. Fils d'un notaire,

le goût des lettres et surtout du dessin lui révéla sa vocation. Il se

signala comme sculpteur; mais bientôt il se tourna vers la géométrie et

devint un des plus grands architectes de son siècle. On lui doit la

coupole de Sainte-Marie des Fleurs, tour de force pour cette époque,

l'église Saint-Laurent, l'église de San Spirito et encore l'immense

palais Pitti.

+Buontalenti+ (Bernardo) (1536-1608).--Peintre, sculpteur et

architecte, étudia dans les ateliers de Bronzino et de Vasari. On lui

doit la construction d'une partie de la galerie des Offices et le plan

des fortifications de Livourne et de Pistoie. Habile à appliquer la

mécanique aux arts, il dirigea les représentations théâtrales,

introduisit les décors mobiles et les machines pour les changements à

vue.

+Castagno+ (Andrea) (1390-1457).--Assassina le Vénitien Dominique

pour rester en possession de ses procédés secrets pour la peinture à

l'huile. Ses fresques et ses autres tableaux sont à la Cathédrale, à

Santa Apollonia, à l'Académie et aux Offices.

+Cellini+ (Benvenuto) (1500-1572).--Sculpteur, graveur, orfèvre,

littérateur même, il eut un caractère bizarre, querelleur et fantasque.

En 1527, au siège de Rome, il tua, dit-il, le connétable de Bourbon et

pointa aussi la pièce qui frappa le prince d'Orange. Jeté en prison à

Rome au château Saint-Ange, sur le soupçon d'avoir volé les joyaux de la

tiare pontificale, son évasion le rendit peut-être plus célèbre que son

talent. Sculpteur assez médiocre, son _Persée_, placé sous la loggia

dei Lanzi, peut être considéré comme son chef-d'oeuvre. Comme orfèvre,

Cellini est incomparable et l'on peut dire qu'il a le génie de cette

matière; tant au Musée du Bargello qu'au Musée des Offices se trouvent

des merveilles qui lui sont dues.

+Cimabue+ (Jean-Gualtieri) (1240-1311).--D'une noble famille guelfe.

Au lieu de suivre la carrière des armes, il s'adonna aux arts avec

passion. Il améliora l'ancien style, donna de l'expression aux figures,

assouplit les lignes et fondit plus harmonieusement les couleurs. Son

chef-d'oeuvre, _la Vierge et Jésus_ de Sainte-Marie Nouvelle, y fut

porté en triomphe et processionnellement, tant les contemporains

estimaient l'oeuvre et le caractère de l'homme. L'âme de Cimabue était si

élevée qu'ayant pressenti le génie de Giotto, il se consacra uniquement à

cet élève destiné à le surpasser si rapidement.

+Credi+ (Lorenzo di) (1459-1537).--II fut d'abord orfèvre, puis

étudia la peinture à l'école de Verrocchio où il eut pour condisciple

Léonard de Vinci. Il excella à peindre les madones, les vierges, et ses

figures d'ange sont délicieuses de charme.

+Dolci+ (Carlo) (1616-1686).--Les sujets de Carlo Dolci sont tirés

presque tous de l'Histoire sainte. Il a des qualités de sincérité, de

douceur et de coloris très réelles; il ne tombe que trop souvent dans le

maniérisme et le faux sentimentalisme; pourtant ses portraits sont

souvent de premier ordre.

+Donatello+ (1386-1446).--Peut revendiquer l'honneur d'avoir créé la

sculpture moderne. Il eut pour qualités la parfaite ordonnance, la

correction de la forme, la justesse de l'attitude et du mouvement, la

force et la vérité de l'expression, l'habileté de l'exécution. Sa

connaissance des effets des passions sur l'âme et sur le corps le

conduisirent au réalisme et au naturalisme et il oublia trop souvent dans

la servilité de l'imitation que la beauté est une des conditions vitales

de l'art. Ses principaux ouvrages se trouvent à Florence; ce sont: les

statues de _Saint Pierre_, _Saint Maur_ et _Saint

Georges_, à Or San Michele; celle du _Zuccone_ au Campanile et de

la _Judith_ sous la loggia dei Lanzi. Au Bargello et enfin dans tous

les musées et dans toutes les églises de la ville.

+Finiguerra+ (Tomaso) (1452).--Élève de Ghiberti, il travailla avec

lui aux portes du Baptistère. Il inventa, vers 1452, l'art d'obtenir des

estampes sur papier à l'aide de planches de cuivre gravées en creux.

Finiguerra se distingua dans les nielles; les pièces qu'on possède de lui

sont de toute beauté et il est considéré comme le maître de ce genre.

Celles du Bargello sont des chefs-d'oeuvre.

+Franciabigio+ (Marc-Antoine) (1482-1524).--Il fut excellent peintre

de fresques et aida Andrea del Sarto pour la décoration du vestibule de

Santa Annunziata.

+Gaddi+ (Taddeo) (1300-1352).--Peintre et architecte, fut élève de

Giotto. Il sut donner de l'expression à ses figures et il étudia l'effet

visible des mouvements de l'âme. Il a achevé le Campanile et donné les

dessins du Ponte Vecchio.

+Ghiberti+ (Lorenzo) (1378-1455).--Célèbre sculpteur qui l'emporta

sur ses concurrents pour la commande des fameuses portes du Baptistère.

Il travailla comme architecte à aider Brunelleschi à sa fameuse coupole.

Ses multiples oeuvres ornent le Dôme, le Bargello et le Baptistère.

+Ghirlandajo+ (Dominique Corradi, _dit_ il) (1451-1495).--Le

maître de Michel-Ange. Le père de Ghirlandajo, qui était orfèvre, avait

inventé une sorte d'ornement que portaient les jeunes filles et qu'on

appelait des guirlandes; de là lui vint son surnom. Dans la boutique où

il ciselait des métaux, Ghirlandajo acquit une telle habileté comme

dessinateur qu'il lui suffisait de voir une fois passer une personne pour

en esquisser un portrait des plus ressemblants. Il fut l'un des premiers

peintres florentins à introduire la vie et le costume contemporains dans

les sujets sacrés. Une de ses oeuvres les plus importantes est l'ensemble

des fresques de Sainte-Marie Nouvelle.

+Ghirlandajo+ (Ridolfo) (1483-1561).--Élève de son père et inférieur

à lui. Un de ses meilleurs tableaux est _la Vie de saint Zenobius_

au Musée des Offices.

+Giottino+ (1307).--Un des principaux élèves de Giotto, qui, comme

son maître, se consacra aux interprétations religieuses.

+Giotto+ (1276-1336).--Il fut d'abord simple gardeur de moutons.

Cimabue l'ayant aperçu un jour dessinant une brebis sur une pierre plate

avec un caillou pointu, l'emmena, lui apprit la peinture et fit du Giotto

le rénovateur de l'art et le plus grand génie de la peinture, transformée

par son influence. Peintre de fresques, il couvrit les églises de

Florence et de l'Italie de toute la symbolique du moyen âge. Peintre de

portrait, il nous a laissé les images de Brunetto Latini et de son élève

le Dante, de Corso Donati et de tous les grands personnages de l'époque.

Frappés de son caractère et de ses talents, ses contemporains eurent pour

lui une admiration illimitée.

Giotto prit part à la construction de la Cathédrale, édifia le Campanile,

et fut aussi l'un des principaux architectes des fortifications de

Florence.

+Gozzoli+ (Benozzo) (1420-1497).--Élève de Fra Angelico, il sut

réunir l'observation de la nature au sentiment poétique profond. Son

dessin est faible; mais pour l'expression, la vie et la fraîcheur, on ne

l'a peut-être pas surpassé. Il avait dans l'esprit quelque chose de

jeune, de brillant et d'heureux, et ses fresques de la chapelle Médicis

au palais Riccardi sont de véritables chefs-d'oeuvre.

+Lippi+ (Fra Filippo) (1410-1469).--Était novice au monastère del

Carmine pendant que Masaccio le décorait des fresques admirables de la

chapelle Brancacci. Sa passion pour la peinture intéressa à un tel point

Masaccio que celui-ci lui apprit le dessin. Lippi révéla bientôt

l'adresse la plus étonnante et l'imagination la plus vive. Les têtes de

ses personnages sont presque toutes des portraits, l'expression et la

vérité y dominent. Lippi mena une des existences les plus mouvementées du

XVe siècle où l'on en compte tant qui furent invraisemblablement

romanesques. Après avoir enlevé d'un couvent une novice dont il avait un

fils, il mourut empoisonné par la famille de la jeune personne qu'il

refusait obstinément d'épouser.

+Lippi+ (Filippino) (1460-1505).--Élève de Botticelli et de son

père, est loin de les égaler comme talent. Il acheva les fresques de la

chapelle Brancacci del Carmine interrompues par la mort de Masaccio. Son

chef-d'oeuvre est l'_Apparition de la Vierge à saint Bernard_, de la

Badia.

+Majano+ (Benedetto) (1442-1497).--On doit à ce charmant sculpteur

les plus belles chaires de l'Italie. Son chef-d'oeuvre est celle de Santa

Croce, d'autres oeuvres sont au Bargello et sont de premier ordre.

Masaccio (Tommaso Guidi di Sar Giovanni) (1401-1428).--Admirable esprit

et âme d'une rare élévation, était un de ces hommes que leur vocation

absorbe au point de les rendre insensibles à tout le reste. Gauche,

distrait et rêveur, il fut sans cesse préoccupé de son art et réalisa des

prodiges. Il eut la splendeur du coloris, la suavité du clair-obscur,

enfin tout était rassemblé dans les oeuvres de Masaccio pour les rendre

inimitables.

Son maître Masolino de Panicale étant mort pendant qu'il exécutait les

fresques de la chapelle Brancacci, Masaccio hérita de la commande. La

peinture lui permit de déployer tant d'imagination, de sentiment et

d'adresse que tous les grands artistes de l'Italie, y compris Michel-Ange

et Raphaël, puisèrent chez lui les plus utiles enseignements.

Le pauvre artiste mourut à vingt-six ans, empoisonné, dit-on, par les

jaloux; il fut un des plus grands peintres et des plus novateurs de l'art

italien.

+Masolino+ (Tommaso di Cristofano Fini) (1383-1440).--Maître et

précurseur de Masaccio et auquel ont été quelquefois attribuées à tort

des créations de son éminent élève. Pourtant, à bien examiner les

ouvrages certains de Masolino et entre autres la fresque d'El Carmine,

qui peut assurément lui être attribuée, il est difficile de confondre les

deux maîtres, tant leur manière de faire les sépare et les diversifie et

tant il semble que des générations aient pu s'écouler entre le maître et

l'élève au point de vue de la conception aussi bien que de l'exécution.

+Michel-Ange+ (Buonarroti) (1475-1564).--Le plus grand architecte,

peintre et sculpteur des temps modernes, génie universel, il atteignit la

sublimité. Né d'une noble famille de podestats, au château de Caprese,

près d'Arezzo, il montra dès l'enfance une vocation si prononcée pour les

arts que son illustre parenté fut, en dépit de son opposition, contrainte

de se rendre au voeu de cette nature exceptionnelle.

On le plaça chez Ghirlandajo qu'il aida comme apprenti aux fresques de

Sainte-Marie Nouvelle; mais, à l'âge de quinze ans, il le quitta, n'ayant

plus rien à apprendre de lui, et étant déjà supérieur à tous les maîtres.

Il se mit alors à étudier Masaccio dans ses chefs-d'oeuvre d'El Carmine,

puis Laurent le Magnifique le dirigea vers la sculpture et, dès cette

époque, Michel-Ange commença la série de ses chefs-d'oeuvre. Aussi bien à

Rome qu'à Florence sa production est multiple, et comme sculpteur, non

moins que comme peintre, son labeur est titanesque.

L'austérité et l'ascétisme s'emparèrent de lui vers la fin de sa vie,

devant les misères du temps et les déchirements de la malheureuse Italie,

dont il souffrit cruellement.

C'est de cette époque que datent ses admirables dessins et la collection

des sonnets et des stances où s'exhalèrent les amertumes de son âme.

Méditatif et toujours sérieux, il n'eut jamais d'autre passion que son

art.

Insensible à la richesse qui lui vint sur le tard, méprisant le

bien-être, sa vie fut celle du bénédictin, du moine.

+Michelozzo Michelozzi+ (1396-1472).--Il fut élève de Brunelleschi

pour l'architecture et de Donatello pour la sculpture. Ses principaux

ouvrages d'architecture à Florence sont l'ancien palais Médicis,

aujourd'hui palais Riccardi, la Chapelle des Médicis à Santa Croce, et de

sculpture, différentes oeuvres au Bargello, et la statue de la _Foi_

dans le Baptistère.

+Montelupo+ (Baccio da) (1469-1553).--Ce sculpteur a principalement

été un grand fondeur; ses statues en bronze sont excellentes. Celle de

_Saint Jean_ à Or San Michele est une des premières en cette matière

et a l'intérêt d'une nouvelle tentative.

+Montelupo+ (Raffaello da), (1505-1570).--Élève de son père et

surtout de Michel-Ange dont il déforma et exagéra le style. Il exécuta,

d'après les modèles du maître, les statues des _Saints Cosme_ et

_Damien_ pour la nouvelle sacristie de Saint-Laurent. Il n'a ni

grandeur, ni naïveté.

+Orcagna+ (André) (1329-1384).--Tout à la fois peintre, sculpteur et

architecte, le génie d'Orcagna a laissé partout son empreinte. Outre le

monument d'Or San Michele, on lui doit l'édification du _Ciborium_

intérieur de cette église, qui est un monument de l'art en général et de

l'art florentin en particulier; c'est également à lui que sont dues, à la

chapelle Strozzi de Sainte-Marie Nouvelle, les belles fresques illustrant

en quelque sorte le _Paradis_ du Dante.

+Pollajuolo+ (Antoine) (1429-1498).--Jusqu'à sa trentième année,

Pollajuolo fut uniquement orfèvre sous la direction de son père, qui

possédait une des boutiques les mieux achalandées de Florence. On pense

que ce fut Baldovinetti qui le dirigea vers la peinture où, par son

habitude de la plastique, il devait occuper une place spéciale et

prépondérante. Ses oeuvres, remarquables par la somptuosité du vêtement et

par la beauté sculpturale des attitudes, sont au Musée des Offices: les

_Saints Jacob_, _Vincent et Eustache_, l'admirable petit

chef-d'oeuvre des _Travaux d'Hercule_ et enfin les belles figures des

Vertus dont celle de la _Prudence_ est de premier ordre.

+Pollajuolo+ (Pierre) (1441-1489).--Frère d'Antoine et, dit-on,

élève de Castagno, fut uniquement peintre. La caractéristique des oeuvres

de Piero est la trop grande sveltesse de ses figures souvent

insuffisamment dessinées, la vulgarité de leur type et la complication de

leur attitude.

+Porta+ (Baccio della) (1445-1533).--Le génie de ce très grand

maître se développa sous les auspices de Rosselli et de Léonard de Vinci.

Entraîné par l'éloquence de Savonarole, il s'attacha à lui et prit

l'habit dominicain en 1500, au couvent de San Marco, sous le nom de

_Fra Bartolommeo_, qu'on lui donne ordinairement. Après avoir, à la

suite de la mort de Savonarole, renoncé à la peinture, il reprit ses

pinceaux en 1504. De cette époque date la série de ses chefs-d'oeuvre. Sa

grandeur rude, son énergique sublimité, l'élévation sévère qui le

caractérise furent dès lors tempérées par sa science du dessin et la

beauté pratique de son exécution; il gagna en charme et en souplesse. Son

habit lui interdisant jusqu'à un certain point le modèle vivant, il

inventa, pour poser ses draperies, le mannequin à ressorts. Parmi ses

oeuvres admirables, il faut citer le _Saint Marc_, _le Christ au

tombeau_, _le Christ ressuscité_, _la Sainte Famille_ du

palais Pitti et enfin la splendide fresque de l'hôpital Santa Maria

Nuova, _le Jugement dernier_.

+Robbia+ (Luca della) (1400-1482).--Un des plus purs génies qui

aient honoré les arts. Sculpteur du plus rare talent, il inventa les

bas-reliefs en terre cuite émaillée, et, loin de se laisser entraîner par

une matière qui se serait prêtée à toutes les complications de la

plastique, il ne l'employa jamais qu'avec la discrétion la plus

remarquable, tandis que son goût pur et raffiné le faisait s'en tenir

presque à la monochromie, c'est-à-dire au relief émaillé blanc sur fond

bleu. Luca a enrichi Florence d'innombrables merveilles; il faut

toutefois citer en première ligne, au Musée du Dôme, les hauts reliefs en

marbre, _Enfants chanteurs et musiciens_, puis les _portes en

bronze_ de la sacristie de la cathédrale et enfin les hauts-reliefs en

terre émaillée qui les surmontent: _l'Ascension_ et _la

Résurrection_.

+Robbia+ (Andrea della) (1435-1498).--Neveu de Luca, fut initié de

bonne heure par Luca à tous les secrets de la terre émaillée. Grand

artiste, il a toutefois une interprétation plus gracile et plus mièvre

que celle de son illustre maître et parent. Ses ouvrages empruntent déjà

à la polychromie des effets que le vieux Luca atteignait, sans les avoir

cherchés, par la seule pureté de son art. Les médaillons d'_Enfants

emmaillotes_ au portique des Innocents sont pourtant de premier ordre

et dignes du maître.

+Robbia+ (Jean della) (1460-1530).--Fils et élève d'Andrea, se

consacra uniquement au bas-relief émaillé où il employa de véritables

feux d'artifice de polychromie, profusion à laquelle le portait non

seulement son goût personnel, mais encore la décadence du sentiment

artistique chez ses contemporains.

+Rosselli+ (Cosimo) (1438-1507).--Curieux et bizarre esprit, exerça

sur la formation des meilleurs artistes de son époque une influence que

ne nous expliquent nullement les productions qui subsistent encore de

lui: sa _Procession_, oeuvre très noircie de l'église Saint-Ambroise,

et ses fantasques dessins.

+Rossellino+ (Bernardo di Matteo Gamberelli, _dit_ le)

(1409-1464).--Architecte et sculpteur tout ensemble, comme l'étaient

presque tous les grands artistes du temps, il laissa des oeuvres sincères

et délicates; son chef-d'oeuvre est le tombeau magnifique du secrétaire

d'État Leonardo Bruni à Santa-Croce.

+Rosso+ (1496-1541).--Il fut successivement à l'école de

Michel-Ange, du Parmesan et d'Andrea del Sarto. Peintre consciencieux,

d'une époque de pleine décadence déjà, il jouit d'une grande renommée,

et, appelé à la cour de François Ier, il fut le rival souvent heureux du

Primatice.

Le Rosso s'empoisonna par suite du désespoir où l'avait plongé la mise à

la torture de son ami Pellegrino, reconnu plus tard innocent. On cite,

parmi ses compositions, _l'Assomption de la Vierge_ dans le cloître

de l'église Santa Annunziata et _la Vierge accompagnée de plusieurs

saints_ au palais Pitti.

+Rustici+ (Jean-François) (1474?-1554).--Il est présumé élève du

Verrocchio et se consacra surtout à la fonte en bronze de ses statues. Le

meilleur groupe de _la Prédication de Saint Jean_, placé au-dessus

de la porte du Baptistère, est une bonne oeuvre d'une belle patine de

bronze.

+Sangallo+ (Jules Giamberti, _dit_) (1443-1517).--Célèbre

architecte, tira son surnom de la porte San Gallo qu'il édifia. Une

grande partie des palais de Florence furent construits par lui et la

Villa Médicéenne de Poggio a Cajano est parmi ses oeuvres les plus

marquantes.

+Sangallo+ (Antoine) (1482 à 1516).--Est le plus renommé de la

famille. Neveu de Jules Sangallo, il fut un des plus fameux architectes

de son temps. Élevé à l'école de Brunelleschi qu'il aida dans ses

principaux travaux, Raphaël l'appela à Rome et se l'adjoignit pour la

reconstruction de la basilique Saint-Pierre. Rome et l'Italie lui doivent

plusieurs de leurs principaux édifices.

+Sansovino+ (Jacopo Tatti, _dit_ le) (1479-1570).--Il étudia

son art sous Contucci de Monte-Sansovino, dont il prit le nom. D'abord

sculpteur, il ne débuta dans l'architecture qu'en 1515 et passa la

majeure partie de son existence à Venise qu'il enrichit de monuments et

d'oeuvres d'art admirables. Aucun architecte n'eut plus que Sansovino de

noblesse dans l'invention, de fécondité dans les idées, de grâce dans le

style, de correction dans les détails.

+Sarto+ (Andrea del) (1487-1531).--Fils d'un tailleur, une vocation

irrésistible le poussa vers les arts. Des maîtres grossiers lui apprirent

les premiers éléments de la peinture, il se forma lui-même, en étudiant

les oeuvres de Léonard et de Michel-Ange, mais surtout celles de Masaccio

et de Ghirlandajo dont le génie était plus en rapport avec la douceur de

sa propre nature. A l'élégance des traits, ses figures joignent la

sensibilité, la beauté et la noblesse des attitudes. La force et la

grandeur sont les seules qualités qui lui manquent. Après une existence

des plus mouvementées, Andrea mourut à Florence de la fameuse peste de

1531. Ses chefs-d'oeuvre sont multiples et les fresques de Santa

Annunziata, _La naissance de la Vierge_, et mieux encore celles des

Scalzo relatives à l'_Histoire de saint Jean-Baptiste_ sont de

premier ordre. Tant au Musée des Offices qu'au Musée du Palais Pitti, ses

ouvrages revêtent les mêmes qualités de grâce et de charme faciles.

+Settignano+ (Desiderio da), (1428-1464).--Passe pour avoir été

élève de Donatello. Son talent fin et distingué n'a pourtant aucune

analogie avec le talent sombre et farouche du maître. La frise de la

_chapelle Pazzi_, à Santa-Croce, _Le Tabernacle_ de l'église

Saint-Laurent et différents ouvrages de sculpture du _Bargello_ font

le plus grand honneur au talent svelte et charmant de Desiderio.

+Uccello+ (Paolo de Dono), (1397-1475).--D'abord orfèvre et aide de

Ghiberti dans la fonte de la première porte du Baptistère, il se consacra

ensuite à la fresque et eut, par les lois de la perspective absolue qu'il

établit d'une manière précise, la plus grande influence sur les artistes

de son époque. Ses fresques du Cloître-Vert de Sainte-Marie Nouvelle,

_Le Déluge_ et _l'Ivresse de Noé_passent pour les oeuvres où tous les

artistes vinrent prendre des leçons de perspective.

La fresque de la Cathédrale, le portrait équestre de _Hawkwood_,

fait le plus grand honneur au talent d'Uccello.

+Verrocchio+ (Andrea del), (1435-1488).--Il surpassa tous ses

contemporains dans l'art de travailler le bronze. Très noble et très

grand artiste, les Médicis qui le protégèrent, eurent le tort de

l'opposer au génie de Donatello. Ses chefs-d'oeuvre, le _Groupe de Jésus

et de saint Thomas_ d'Or San Michele, _L'Enfant au Dauphin_ du

Palais Vieux, _Le David_ du musée du Bargello sont des oeuvres de

premier ordre, d'un style sans défaillance ni reproche.

+Vinci+ (Léonard de), (1452-1519).--Le plus grand génie qui fut

jamais, l'égal même de Michel-Ange, le Vinci fut à la fois sculpteur,

architecte, physicien, ingénieur, écrivain et musicien, admirable esprit

à l'universalité duquel aucune science, aucun art ne semblent avoir pu

échapper ni demeurer étrangers. Après avoir étudié la sculpture sous le

Verrocchio, il se rendit à Milan où Ludovic le More le garda jusqu'au

jour où l'invasion du Milanais par Louis XII le faisait rentrer dans sa

patrie. Mécontent de l'accueil que lui avaient réservé ses concitoyens et

de celui qu'il avait rencontré auprès du pape, il resta vingt ans presque

errant sans que, vieilli, aigri, assombri, il eût trouvé justice, même

chez ses contemporains.

Le goût de Léonard, pur et sévère, s'exerça sur toutes les matières qui

furent soumises à son jugement; il poursuivit la perfection avec patience

avec une exactitude souvent minutieuse et aucune recherche ne put jamais

le rebuter dans la poursuite de son idéal de perfection.

Florence historique, monumentale, artistique · 第 73 / 76 题