SALLE D'APOLLON

N°67.--TITIEN. _La Madeleine_. Ce portrait de femme drapée dans son

admirable chevelure d'or, fut peint pour le duc d'Urbin, et l'on voit que

le sujet de la pécheresse n'a été ici qu'absolument subsidiaire.

N° 64.--FRA BARTOLOMMEO. _La Déposition_. Dans cette oeuvre

admirable, la beauté du sentiment se réunit à celle de l'exécution pour

former un ensemble de premier ordre. Rien n'est plus beau que l'abandon

du corps du Christ et l'angoisse profonde de la Vierge lui donnant un

dernier baiser.

L'émotion ressort de la simplicité pathétique des personnages, et non de

leur arrangement factice et voulu; c'est là ce qui différencie

profondément l'ouvrage de Fra Bartolommeo des équivalences dues par

exemple au pinceau d'un Pérugin.

N° 61.--RAPHAEL. Portrait d'_Angiolo Doni_. La première oeuvre faite

à Florence et le plus beau des portraits peints par Raphaël sous

l'influence de Pérugin, qu'on pourra rapprocher comme inspiration de

celui de l'Espagnol Lopez Pereigo indiqué comme le propre portrait du

Pérugin au musée des Offices, sous le n° 287.

Doni est représenté en buste vêtu de noir; ses mains, appuyées sur une

balustrade, sont d'une rare perfection. La tête, d'une expression

profonde et intelligente, se détache sur un beau fond de paysage.

N° 59.--RAPHAEL. Portrait de _Madeleine Strozzi Doni_, femme du

précédent. D'un aspect peu distingué, sa figure niaise et placide est

sans expression, les formes sont massives et lourdes.

N° 58.--ANDREA DEL SARTO. _Déposition_ (1524). Cette peinture, si

loin comme sentiment de la _Déposition_ de Bartolommeo, est un tour

de force comme richesse de coloris.

N° 54.--TITIEN. Portrait de _Pierre Arétin_. La tête est

intelligente et fine, il est vêtu d'une ample robe cramoisie.

N° 63.--RAPHAEL. Portraits de _Léon X_ et des cardinaux _Rossi_

et _de Médicis_. Le pape est assis devant une table; les deux

cardinaux, dont on ne voit que les bustes, sont debout derrière lui.

Raphaël a fait de ces portraits non seulement une admirable étude des

rouges de toutes les gammes, les plus riches et les plus variées, mais

encore une étonnante caractéristique de leur individualité. Rien n'est

intéressant comme de comparer le Jules II de la Tribune des Offices avec

le Léon X du musée Pitti; autant chez l'un tout est ascétique, profond,

violent même avec la tension de toutes les forces et de toutes les

énergies vers un but déterminé, autant chez l'autre tout est matériel,

tourné vers les grandeurs, le luxe et la somptuosité. Presque Athénien

dans ses goûts, passionné d'art et de littérature, Raphaël a su marquer

ce caractère du pape en plaçant devant lui une cloche finement ciselée et

un livre précieux qu'il s'apprête à regarder à la loupe.

Florence historique, monumentale, artistique · 第 55 / 76 题