N° 1309.--LORENZO MONACO. _Le Couronnement de la Vierge_, peint en
1413 et provenant de la Badia de Cerretan. C'est un grand retable sur
fond or à trois compartiments, intéressant surtout par son style gothique
absolu.
N°1310.--GENTILE DA FABRIANO(1425). _Sainte Madeleine, Saint Nicolas de
Bari, Saint Jean_ et _Saint Georges_ dans quatre compartiments
sur fond or; ces figures sont elles-mêmes richement rehaussées d'or.
N° 17.--BEATO ANGELICO. _Grand retable_ à volets sur fond or. Peint
en 1443 pour la corporation des marchands de tissus de lin. Au milieu est
la figure colossale de la Vierge assise et sur les volets extérieurs et
intérieurs sont les quatre Évangélistes. Dans ce tableau on peut se
rendre un compte exact de l'impossibilité où se trouvait Angelico
d'excéder certaines proportions hormis dans la fresque. Pour une oeuvre de
cette dimension, l'absence de science anatomique, le manque d'animation
et de vie des personnages sont des défauts frappants, qui deviennent trop
sensibles.
La véritable voie d'Angelico, celle où il est unique, est
l'interprétation des joies et des béatitudes célestes par des figures
hiératiques et mystiques de petites proportions; aussi les douze anges
qui encadrent la Vierge et jouent de différents instruments sont-ils de
beaucoup la meilleure partie de l'oeuvre, et plusieurs d'entre eux peuvent
compter parmi les plus idéales compositions du maître.
N°1297.--DOMENICO GHIRLANDAJO. _Vierge et Enfant_.--La Vierge est
assise sur un trône entouré d'une balustrade derrière laquelle se
pressent quatre chérubins avec des lys; sur son genou gauche L'Enfant
porte la sphère et bénit. A ses côtés se tiennent saint Michel et
L'archange Gabriel, au premier plan sont agenouillés deux saints évêques
de chaque côté d'un vase de fleurs. La tonalité un peu grise de cette
jolie composition la ferait plutôt attribuer à Ridolfo Ghirlandajo.
N° 1286.--SANDRO BOTTICELLI. _Adoration des Mages_ (1466). Ce
tableau, peint par Botticelli encore très jeune pour Cosme l'Ancien, se
ressent des influences de ses maîtres et tel personnage semble échappé du
pinceau de Pollajuolo, tandis que tel autre, comme la Vierge par exemple,
est empreint du sentiment gracieux de Lippi. Toutefois, combien, par la
science de la composition, par le groupement des personnages, Botticelli
leur est-il déjà supérieur!
Devant un rocher, au milieu de ruines fantaisistes, la Vierge mince et
élancée reçoit les Rois Mages agenouillés sur des plans différents et qui
sont les portraits de Cosme, de son fils Jean et de son petit-fils
Julien. Cosme, vêtu à la Pollajuolo d'une robe noire couverte de
broderies d'or, est le plus rapproché de la Vierge.
Au premier plan, vu de dos, Jean, en manteau rouge à revers d'hermine, le
chapeau posé à terre, est accompagné de son fils Julien vêtu de blanc.
Les autres personnages dont le groupement mouvementé concourt à l'action,
sont également des portraits et quelques-uns même sont des portraits de
premier ordre. Il faut citer particulièrement la splendide, austère et
grave figure d'un homme jeune vêtu de noir avec des chausses vertes, puis
celle d'un adolescent en manteau bleu clair dont le profil exprime
l'adoration et l'extase, tandis qu'un autre portant la tunique florentine
rouge à manches bleu de ciel, les mains croisées sur son épée fichée en
terre devant lui, regarde d'un oeil dédaigneux ce qui l'entoure; aussi,
son voisin a-t-il l'air de le ramener à la réalité en lui montrant la
scène.
On peut considérer cette oeuvre comme une des plus précieuses qu'aient
laissées les «Quattrocentisti» et une des plus complètement belles de
l'art florentin.
N° 59.--SANDRO BOTTICELLI. _La Naissance de Vénus_. Autre oeuvre de
jeunesse, peinte simultanément avec l'allégorie du Printemps, sur l'ordre
de Pierre de Médicis, pour la décoration de sa villa de Castello. C'est
le premier sujet mythologique où s'essaya le maître; aussi est-il d'une
jeunesse, d'une poésie et d'un charme inexprimables. Rien ne peut rendre
la grâce de cette figure de Vénus quasiment vêtue de sa chevelure d'or,
debout sur la conque à reflets dorés qu'elle va quitter pour descendre au
rivage de Cythère. Son beau corps est légèrement penché en avant, sur son
instable nacelle que poussent les zéphyrs, et le Printemps, figuré sous
les traits charmants d'une jeune femme, sort d'un bois de lauriers à
reflets dorés pour recevoir la déesse dans les plis d'un manteau semé de
fleurs et gonflé par le vent. Moins énigmatique que celui de l'Académie,
le Printemps est vêtu d'une flottante robe blanche, parsemée de bleuets,
retenue autour de la taille par une ceinture formée de branches de roses.
Ses admirables cheveux dorés flottent en arrière et toute son élégante
silhouette se découpe sur le manteau de la déesse. Certaines naïvetés de
facture, telles que les vagues de la mer, donnent encore une saveur
particulière à cette charmante composition où les personnages sont d'une
taille plus importante que ne le sont les figures habituelles de
Botticelli.
N° 1309.--DOMENICO VENEZIANO. _La Vierge_ trônant sous des arcades
et entourée de quatre saints.
Cette peinture un peu blafarde est la seule sûrement attribuée à ce
peintre, maître de Piero della Francesca.