DEUXIÈME ÉDITION

LIBRAIRIE DE PARIS

Firmin-Didot et Cie., Imprimeurs-Éditeurs 56, Rue Jacob, PARIS

+AVANT-PROPOS+

L'accueil indulgent accordé par le public et par la presse à l'_Essai

d'Itinéraire d'Art en Italie_, m'a encouragée à faire paraître ce

nouveau travail.

J'ai dû remettre à une date ultérieure _Les Arts Accessoires_[1]

destinés, dans mon intention, à faire suite à l'_Essai_, et

interrompre la série de ces Études pour déférer au voeu, souvent formulé,

de me voir publier un ouvrage esthétique et pratique sur Florence et sur

la Toscane, c'est-à-dire Pise, Lucques, Pistoie, enfin Sienne et ses

alentours.

[Note 1: _Un Essai d'Itinéraire d'Art en Italie_, p. 3, note.]

Le volume qui paraît aujourd'hui est consacré à Florence et à ses

environs immédiats, matière aussi inépuisable que variée.

L'expérience m'a fait reconnaître quelle perte de temps et quelle fatigue

seraient évitées, si, au lieu d'errer à l'aventure, on pouvait procédé

méthodiquement et embrasser dans une même visite tout ce qui, dans un

même rayon, est digne de remarque.

Pour assurer ce classement, il m'a paru indispensable d'établir un plan

spécial de Florence divisé en huit régions correspondant chacune à un des

huit chapitres du volume et cela de manière à ce qu'une vue, tout à la

fois d'ensemble et de détail, se présente aux yeux du lecteur. Le besoin

de clarté m'a encore poussée à m'attacher avec un soin jaloux à la

rédaction des tables. Elles sont une brève et complète nomenclature, une

sorte de catalogue fidèle autant du livre que de la ville elle-même, où

l'on trouvera résumé à sa place alphabétique tout ce qui, dans un même

lieu, doit fixer l'attention et se graver dans la mémoire.

A Florence, l'étude de l'art et des monuments est si inséparable, si

indissoluble de l'histoire, que j'ai dû forcément placer en tête de cet

essai un aperçu historique qui me permît de faire évoluer dans son

milieu, à l'aide des événements d'où il a découlé, le noble et complet

art toscan. Autant que possible, je me suis efforcée d'évoquer l'épopée

florentine et de faire revivre l'inoubliable grandeur de ce peuple,

auquel nulle inspiration généreuse n'a été étrangère et dont le coeur n'a

jamais cessé de battre noblement pour toute idée de justice et de

liberté!

Aussi Florence est-elle la patrie véritable de quiconque, en quête de

l'Idéal, poursuit sans trève cette éternelle, cette insaisissable

chimère!

La patrie de tous ceux qui, les yeux fixés sur des horizons inconnus,

entrent chacun à leur tour dans la carrière où, coureurs infatigables,

ils se transmettent le flambeau sacré, sans savoir quelle main le portera

jamais au but.

S'il est peu consolant de voir, au cours de l'histoire florentine,

l'inanité du progrès et la stérilité de l'effort sous le criminel

envahissement du despotisme, le grain semé n'en a pas moins levé,

produisant une ample moisson, puisque, dans tous ceux qui auront le culte

pur de la Beauté, se perpétuera et fleurira, au travers des temps, l'âme

florentine.

Florence historique, monumentale, artistique · 第 3 / 76 题