«--Où pensez-vous que soit Livingstone»? lui demande son rédacteur en
chef.
«--Je n'en sais vraiment rien, monsieur.
--Croyez-vous qu'il soit mort?
--Possible que oui, possible que non.
--Moi je pense qu'il est vivant, et je vous envoie à sa recherche.»
[Illustration: Attaqués par les abeilles.]
[Illustration: Habitation de Livingstone à Oujiji.
Gravures extraites de l'ouvrage de M. Stanley: Comment j'ai retrouvé M.
Livingstone. (Hachette et Cie, éditeurs.)]
Et voilà M. Stanley qui se met courageusement en route.
Un crédit illimité lui est ouvert.
A Zanzibar il organise sa caravane pour visiter l'intérieur de l'Afrique
et commence l'un des plus curieux voyages d'exploration qu'on ait jamais
faits.
Après mille obstacles, mille émotions, mille détours, il a le bonheur
d'arriver dans la région étudiée par Livingstone, d'être conduit au
village qu'il habite, le village d'Oujiji, de le voir, d'entendre le
récit de ses voyages, de faire des excursions avec lui, enfin de
rapporter en Europe les preuves manifestes de la sincérité de son récit.
Nos gravures reproduisent l'habitation de Livingstone à Oujiji.
C'est là que le célèbre voyageur a écrit le journal que M. Stanley a
rapporté à sa famille.
[Illustration: LIVINGSTONE ÉCRIVANT SON JOURNAL.]
Dans les croquis si variés dont l'auteur a illustré sa relation, nous
remarquons aussi les singulières fortifications de villages, construites
en épines, que le voleur ni l'ennemi n'osent affronter, et parmi les
péripéties inévitables, rencontres, nous reproduisons, entre autres, une
attaque d'abeilles contre laquelle Livingstone et Stanley eurent à se
défendre dans une de leurs excursions. En donnant à la littérature
française cette curieuse relation, la librairie Hachette a enrichi sa
belle collection de voyages d'un des livres qui lui font le plus
d'honneur.