1. _Memoire sur les Outagamis, addresse au Marquis de Vaudreuil._

2. _Plusieurs memoires tant sur les guerres des Iroquois contre les

Illinois et les nations d’en haut, que sur les trahisons des sauvages, et

en particulier, des Outaouais et des Hurons._

3. _Memoire sur les moeurs, coustumes, et relligion des sauvages de

l’Amerique Septentrionale._

Of these works, the last one only, the “Memoir upon the manners, customs

and religion of the savages of Northern America,” which must have been

written some time between 1718, and 1721, has come down to us; though the

“_Plusieurs memoires_” _&c._, is supposed to have been inserted, almost

literally, by La Potherie, in the second volume of his history. It was

not composed for publication, but for the confidential information of the

Intendant of Canada, M. Begon, and remained in manuscript till 1864, when

it appeared at Leipzig and Paris, being Part Three of the Bibliotheca

Americana, edited by the Rev. Father J. Tailhan, of the Society of

Jesus, on whose authority the preceding facts are stated. “There is

only one copy of Perrot’s memoir in existence, of the last century; the

same, probably, that Father Charlevoix used, and which he received from

M. Begon, Intendant of Canada, in 1721. Our edition is a scrupulous

reproduction of it.” [T.]

Scattered through this book are accounts of the Sioux and other tribes

living in the region comprised within the limits of the present

Minnesota, and between it and Lake Michigan; and, in the same connection,

a description of the country of the former nation, and other geographical

information of more or less direct reference. As an interesting addition

to our knowledge of the _historical geography_ of this region, all

such notices have been carefully searched for, and are here given in a

collected form for the use of the Historical Society of Minnesota. The

extracts are purely in Perrot’s own words; no changes having been made,

even in the orthography. In addition, though trenching somewhat on the

domain of history, the episode of the disappearance of Father Menard is

included;—partly by reason of the new and interesting version of the

matter, and partly as showing that he should be considered as one of the

very earliest European visitors to Minnesota. Our first desideratum being

_accurate texts_, comments are best postponed; yet the notes of Father

Tailhan are so well considered that this compilation would be incomplete

without the insertion of such of them as correspond to the extracts from

the original work. The translator has also ventured upon two or three

explanatory remarks, or interpolations, of his own, distinguishable by

being inclosed within brackets; except the dates, which are the Father’s.

§ 2. _Extracts from his “Memoire sur les moeurs, &c.”_

Car le pays du nord est la terre du monde la plus ingratte, puisque, dans

quantitez d’endroits vous ne trouveriez pas un oiseau a chasser; on y

ramasse cependant des bluets dans les mois d’aout et de septembre[2]....

Les Chiripinons ou Assiniboualas sement dans leurs marais quelques folles

avoines qu’ils recueillent, mais ils n’en peuvent faire le transport chez

eux que dans le temps de la navigation(1)....

Les Kiristinons qui hantent souvent le long des bords du Lac Superieur et

des grandes rivieres, ou sont plus communement les elans(2)....

Les sauvages que l’on nomme Saulteurs [Chippewais] sont au sud du lac

Superieur ... ils ont pour voysins et amis les Scioux, sur les limites

desquels ils chassent, quand ils veulent....

Si on avance dans le nord, vers l’entree d’Ouisconching, l’hiver y est

extremement froid et long. C’est la ou les castors sont les meilleurs, et

le pays ou la chasse dure plus longtemps dans l’annee....

Ils tirent aussy l’hyver de dessous la glace dans les marests ou il y

a beaucoup de vase et peu d’eau, une certaine racine, ... mais elle

ne se trouve que dans la Louisianne, a quinze lieues plus haut que

l’entree d’Ouisconching. Les sauvages nomme en leur langue cette racine

Pokekoretch....

Mais les peuples plus avancez dans le nord, jusqu’a la hauteur

d’Ouisconching, n’ont plus de ces nefles, et ceux qui sont encore plus

loin manquent de ces noix semblables a celles de France....

Car ce pays [des sauvages des prairies] n’est que plaines; il y a

seulement quelques islets ou ils ont coustume d’aller camper pour faire

secher leurs viandes....

Quand touts les Outaouas se furent repandus vers les lacs [au Mechingan

(3)], les Saulteurs et les Missisakis s’enfuirent dans le nord, et

puis a Kionconan(4) faute de chasse; et les Outaouas craignants de

n’estre pas assez forts pour soustenir les incursions des Iroquois, qui

estoient informez de l’endroit ou ils avoient fait leur establissement,

se refugierent au Micissypy, qui se nomme a present la Louisianne. Ils

monterent ce fleuve a douze lieues ou environ d’Ouisconching, ou ils

trouverent une autre riviere qui se nomme des Ayoes(5). Ils la suivirent

jusqu’a sa source et y recontrerent des nations qui les receurent

cordialement. Mais, dans toutte l’etendue de pays qu’ils parcoururent,

n’ayant pas veu de lieu propre a s’establir, a cause qu’il n’y avait

dutout point de bois, et qu’il ne paroissoit que prairies et rases

campagnes, quoyque les buffles et autres bestes y fusses en abondance,

ils reprirent leur mesme route pour retourner sur leurs pas; et, apres

avoir encore une fois aborde la Louisianne, ils monterent plus haut.

Ils n’y furent pas longtemps sans s’ecarter pour aller d’un coste et

d’autre a la chasse: je parle d’une partie seulement de leurs gens, que

les Scioux rencontierent, prirent et ammenerent a leurs villages, ... et

puis les rendirent a leurs gens.

Les Outaouas et Hurons les recurent fort bien a leur tour, sans

neantmoins leur faire de grands presents. Les Scioux estant revenus chez

eux avec quelques petites choses qu’ils avoient receues des Outaouas, en

firent part aux autres villages leurs alliez, et donnèrent aux uns des

haches et aux autres quelques cousteaux ou alaines. Touts ces villages

envoyerent des deputez chez les Outaouas(6).—— ...

Les Scioux faisoient milles caresses aux Hurons et Outaouas partout ou

ils estoient.—— ... Les Outaouas se determinerent enfin a choisir l’isle

nommee Pelee pour s’establir; ou ils furent quelquees annees en repos.

Ils y receurent souvent la visitte des Scioux....

Les Hurons, ayant assez d’audace pour s’imaginer que les Scioux estoient

incapables de leur resister sans armes de fer et a feu, conspirerent

avec les Outaouas de les entreprendre et de leur faire le guerre, afin

de les chasser de leur pays, et de se pouvoir estendre d’avantage pour

chercher leur subsistance. Les Outaouas et les Hurons se joignirent

ensemble et marcherent contre les Scioux. Ils crurent que sitost qu’ils

paroistroient, ils fuiroient; mais ils furent bien trompez; car ils

soustinrent leurs efforts, et mesme les repousserent, et s’ils ne

s’estoient retirez ils auroient estez entierement deffaits par le grand

nombre de monde, qui venoient des autres villages de leurs alliez a leur

secours. On les poursuivit jusqu’a leur establissement, ou ils furent

contraints de faire un mechant fort, qui ne laissa par d’estre capable de

faire retirer les Scioux, puisqu’ils n’oserent entreprendre de l’attaquer.

Les incursions continuelles que les Scioux faisoient sur eux les

contraignirent de fuir(7). Ils avoient eu connoissance d’une riviere

qu’on nomme la Riviere Noire; ils entrerent dedans et, estant arrivez

la ou elle prend sa source, les Hurons y trouverent un lieu propre pour

s’y fortiffier et y establir leur village. Les Outaouas pousserent plus

loin, et marcherent jusqu’au lac Superieur, et fixerent leur demeure a

Chagouamikon. Les Scioux, voyant leurs ennemis partis, demeurerent en

repos sans les suivre d’avantage; mais les Hurons n’en voulurent point

demeurer la; ils formerent quelques partys contre eux, qui firent peu

d’effect, leur attirerent de la part des Scioux de frequentes incursions,

et les obligerent de quitter leur fort pour aller joindre les Outaouas

a Chagouamikon, avec une grande perte de leurs gens. Aussytost qu’ils

furent arrivez, ils songerent a former un party de cent hommes pour aller

contre les Scioux, et s’en vanger.

Il est a remarquer que le pays ou ils sont [les Sioux] n’est autre chose

que lacs et marests remplis de folles avoines, separes les uns des autres

par de petites langues de terre qui n’ont tout au plus d’un lac a l’autre

que trente a quarante pas, et d’autres cinq a six ou un peu plus. Ces

lacs ou marests contiennent cinquante lieues et d’avantage en carre, et

ne sont separes par aucune riviere que par celle de la Louisianne, qui a

son lit dans le milieu, ou une partie de leurs eaux viennent se degorger.

D’autres tombent dans la riviere de Sainte Croix, qui est situee a leur

egard au nord-est, et qui les range de pres. Enfin les autres marests

et lacs situez a l’ouest de la riviere de Saint Pierre s’y vont jetter

pareillement; si bien que les Scioux sont inaccessibles dans un pays si

marecageaux, et ne peuvent y estre detruits que par des ennemis ayant des

cannots comme eux pour les poursuivre; parceque dans ces endroits il n’y

a que cinq ou six familles ensemble, qui forment comme un gros, ou une

espece de petit village, et tous les autres sont de mesme eloignez a une

certaine distance, afin d’estre a portee de se pouvoir prester la main a

la premiere alarme. Si quelqu’une de ces petites bourgades est attaquee,

l’ennemy n’en peut deffaire que tres peu, parceque tous les voysins se

trouvent assemblez tout d’un coup, et donnent un prompt secours ou il est

besoin. La methode qu’ils ont pour naviguer dans ces sortes de lacs est

de couper dedans leur semences, avec leurs cannots, et, les portant de

lac en lac ils obligent l’ennemy qui veut fuir a tourner autour; qui vont

tousjours d’un lac a un autre, jusqu’a ce qu’ils les ayent tous passez,

et qu’ils soient arrivez a la grand terre.

Les cent hommes Hurons s’engagerent dans le milieu de ces marests, sans

cannots, ou ils furent decouverts par quelques Scioux, qui accoururent

pour donner l’alarme par tout. Cette nation estoit nombreuse, dispersee

dans toutte la circonference des marests, ou l’on recueilloit quantite

de folles avoines, qui est le grain de cette nation, dont le goust est

meilleur que celuy du riz.

Plus de trois mil Scioux se rendirent de touts costez, et investirent les

Hurons, ... de tout ce party, il n’en echapa qu’un(8).

...

Les Hurons, se voyant fort peu de monde, prirent le party de ne pas

songer a se venger et de vivre paisiblement a Chagouamikon pendant

plusieurs annees. Pendant tout ce temps la, ils ne furent point insultez

des Scioux, qui ne s’appliquerent uniquement qu’a faire la guerre aux

Kiristinons, aux Assiniboules et a toutes les nations du nord, qu’ils ont

detruits et desquels ils se sont aussy faits detruire respectivement....

Le Pere Mesnard qu’on avoit donne pour missionnaire aux Outaouas

[1660], accompagne de quelques Francois qui alloient commercer chez

cette nation, fust abandonne de touts ceux qu’il avoit avec luy, a la

reserve d’un qui luy rendit jusqu’a la mort touts les services et les

secours qu’il en pouvoit esperer. Ce Pere suivit les Outaouas au lac

des Illinoets, et dans leur fuitte dans la Louisianne jusqu’au-dessus

de la Riviere Noire. Ce fut la qu’il n’y eust qu’un seul Francois qui

tint compagnie a ce missionnaire et que tous les autres le quitterent.

Ce Francois dis je suivoit attentivement la route et faisoit son portage

dans les mesmes endroits que les Outaouas; ne s’ecartant jamais de la

mesme riviere qu’eux. Il se trouva, un jour [Aout 1661], dans un rapide

qui l’entrainoit dans son cannot; le Pere pour le soulager debarqua du

sien, et ne prit pas le bon chemin pour venir a luy; il s’engagea dans

celuy qui estoit battu des animaux, et voulant retomber dans le bon, il

s’embarrassa dans un labyrinthe d’arbres et s’egara. Ce Francois apres

avoir surmonte ce rapide avec bien de la peine, attendit ce bon Pere, et

comme il ne venoit point, resolut de l’aller chercher. Il l’appella dans

les bois de touttes ses forces, pendant plusieurs jours, esperant de le

decouvrir, mais inutilement. Cependant il fit rencontre en chemin d’un

Sakis qui portoit la chaudiere du missionnaire; qui luy aprist de ses

nouvelles. Il l’asseura qu’il avoit trouve sa piste bien avant dans les

terres, mais qu’il n’avoit pas vue le Pere. Il luy dit qu’il avoit aussy

trouve la trace de plusieurs autres qui alloient vers les Scioux. Il luy

declara mesme qu’il s’imaginoit que les Scioux l’auroient pu tuer ou

qu’il en auroit este pris. En effet, on trouva, plusieurs annees apres,

chez cette nation, son breviaire et sa soutanne, qu’ils exposoient dans

les festins en y vouant leurs mets, ... chasser du costez des Scioux, car

Chagouamikon n’en est eloigne, coupant par les terres en ligne direct,

que de cinquante a soixante lieues, ...

... on luy donna pour second M. de Lude [du Lhut] qu’il envoya avertir

[1684] a Kamalastigouia, au fond du lac Superieur, ou estoit son

poste(9)....

Je fus envoye a cette baye [des Puans, poste de Saint Francois Xavier],

charge d’une commission pour y commander en chef et dans les pays plus

eloignes du coste du ouest, et de ceux mesme que je pourrois decouvrir

[1685]....

Je ne fus pas plustot arrive dans les endroits ou je devois commander,

que je recus ordre de M. Denonville de revenir avec tous les Francois que

j’avois ... Je me trouvais en ce temps-la dans le pays des Scioux ou la

gelee avoit brise tous nos cannots; je fus contraint d’y passer l’este

[1686]....

Je fus pas terre chez les Miamis qui estoient a soixante lieues environ

de mon poste [dans le pays des Scioux], et m’ens revins par terre de

mesme que j’y estoit alle....

Quelques jours apres je m’en fus a travers les terres a la Baye avec deux

Francois. J’en rencontroit a tout moment qui m’enseignoient le meilleur

chemin et me regaloient fort bien(10)....

[2] _Au lecteur._ Dans ces extraits, le text que donne le

Pere T. a ete implicitement suivi; mais quant aux accents

grammatiques, on doit pardonner leur absence, puis ce qu’il n’y

a pas encore de type Francais dans les imprimeries de St. Paul. H.

Collections of the Minnesota Historical Society for the Year 1867 · 第 21 / 48 题