MARS, JUPITER, SATURNE, URANUS, NEPTUNE:

=351.= Nous avons appelé planètes _supérieures_ ou _extérieures_ celles

qui sont plus éloignées du Soleil que la terre; on les nomme quelquefois

_extérieures_ parce que leur mouvement autour du soleil a lieu Ã

l'extérieur de l'orbite de la terre. L'orbite de la planète (P), et

l'orbite de la terre (T) ont à peu près les positions relatives

indiquées par la _fig._ 126, ci-dessous.

Les principales planètes extérieures sont: _Mars_, _Jupiter_, _Saturne_,

_Uranus_, _Neptune_, dont nous allons nous occuper particulièrement.

=352.= MOUVEMENT APPARENT (c'est-à-dire vu de la terre) D'UNE PLANÈTE

SUPÉRIEURE. _Progressions ou mouvement direct, stations,

rétrogradations._ Une planète supérieure étant plus éloignée du soleil

que la terre, se trouve alternativement en opposition (en P, _fig._ 123

ou _fig._ 126 ci-après) et en conjonction en P' (_fig._ 123). Suivons-la

à partir de l'opposition, c'est-à-dire à partir de l'époque où elle

passe au méridien à minuit[129]. Elle se trouve alors toute la nuit au

dessus de l'horizon. A partir de l'opposition, la planète se déplace

dans le ciel, vers l'occident; son mouvement est rétrograde[130]; son

passage au méridien a lieu avant minuit et se rapproche de plus en plus

de 6 heures du soir[131]. Au bout d'un certain temps, le mouvement

rétrograde se ralentit, puis s'arrête; durant quelques jours la planète

nous paraît _stationnaire_ au milieu des étoiles[132]; elle passe au

méridien à 6 heures du soir[133]. Après cette station, la planète se

remet en mouvement, mais cette fois vers l'est; son mouvement est devenu

_direct_[134]; son passage au méridien continue à se rapprocher de celui

du soleil; quand on peut l'apercevoir le soir vers 6 heures, par

exemple, on la voit au couchant de moins en moins élevée au-dessus de

l'horizon[135]. En se rapprochant ainsi du soleil (en longitude), elle

finit par se perdre dans ses rayons, et devient invisible pendant un

certain nombre de jours; elle se trouve alors en conjonction, passe au

méridien avec le soleil, se lève et se couche en même temps que

lui[136]. Au bout de quelques jours, la planète reparaît, mais du côté

de l'orient, le matin, un peu avant le lever du soleil. Puis son lever

précède de plus en plus le lever du soleil; quand celui-ci parait, la

planète est de plus en plus élevée au-dessus de l'horizon; en même

temps, elle continue à se déplacer dans le ciel, toujours dans le sens

direct, c'est-à-dire vers l'est[137]. Au bout d'un certain temps, ce

mouvement direct se ralentit et finit par s'arrêter; la planète fait une

seconde station de quelques jours parmi les étoiles; à cette époque,

elle passe au méridien à 6 heures du matin[138]. Après cette seconde

station, le mouvement reprend, mais vers l'ouest; il est devenu

rétrograde[139]; en même temps, le passage de la planète au méridien se

rapproche de minuit[140]; le séjour de l'astre au-dessus de l'horizon

durant la nuit devient de plus en plus long, et enfin l'astre arrive Ã

passer au méridien à minuit, c'est-à-dire se retrouve de nouveau en

_opposition_. A partir de là, les mêmes apparences que nous avons

décrites se reproduisent dans le même ordre.

[Note 129: A l'opposition, le cercle horaire de la planète P' (vue de la

terre) (_fig._ 126), et celui du soleil, S (également vu de la terre),

sont évidemment opposés (_V._ les définitions, nº 30).]

[Illustration: 261, Fig. 126]

[Note 130: Ce mouvement rétrograde est mis en évidence par la _figure_

126. Nous avons supposé, en construisant cette figure, la planète P

immobile sur son orbite, et la terre en mouvement sur la sienne, mais

seulement animée d'une vitesse circulaire (ou angulaire) égale à l'excès

de sa vitesse réelle sur celle de la planète (_V._ la 2e note, p. 248).

Eu égard à la symétrie des orbites, les positions apparentes de trois

corps pour l'observateur terrestre, sont absolument les mêmes que dans

la réalité durant la révolution synodique de l'astre (d'une opposition Ã

la suivante). Ceci admis, on voit qu'après l'opposition, la terre allant

de T en T', la projection de la planète sur la sphère céleste se déplace

vers _l'ouest_ de _p_ en _p'_; le mouvement apparent est donc

_rétrograde_.]

[Note 131: Si, durant ce mouvement de la terre, de T à T', on joint

chacune de ses positions à S aussi bien qu'à P, et si on prolonge la

ligne TS jusqu'à l'écliptique γ_p'p_... en _s_, on verra la projection

_p_ de la planète et la projection du soleil se rapprocher

continuellement; la différence en longitude de ces deux astres diminuant

de 180° à 90°, leurs passages au méridien se rapprochent. (Il faut se

rappeler que les longitudes se comptent à partir du point γ, dans le

sens γ_p'p_.)]

[Note 132: En suivant le mouvement de la projection _p_ de la planète,

tandis que la terre va de T en T', on voit bien que le mouvement

rétrograde de cette projection, d'abord assez rapide aux environs de

l'opposition, doit se ralentir quand la terre approche de la position

T'; car aux environs de T', les lignes projetantes tendent de plus en

plus à se confondre; les points voisins de T', un peu avant et un peu

après, sont sensiblement sur la direction de la tangente T'P; quand la

terre passe par ces positions, la projection de la planète ne s'écarte

pas de _p'_; l'astre nous paraît arrêté en ce point du ciel.]

[Note 133: La terre étant en T', l'angle _p'_T'S = 90°; le point _p'_ se

trouve à 90° de la projection _s_ du soleil sur l'écliptique (prolongez

T'S par la pensée).]

[Note 134: La terre ayant dépassé le point T' et allant de T' en T", la

projection de la planète sur l'écliptique revient évidemment de _p'_

vers _p_.]

[Note 135: Si, durant ce mouvement de la terre de T' en T", on joint

quelques positions de la terre au soleil et à la planète, en prolongeant

les lignes, si on veut, jusqu'à l'écliptique, on voit l'angle des deux

lignes, TS, TP, diminuer de 90° à 0; cet angle est la différence des

longitudes des deux astres; ceci explique comment leurs passages au

méridien se rapprochent l'un de l'autre.]

[Note 136: Cela est évident, puisque la planète se trouve en face de

nous sur le prolongement de la ligne TS qui va du soleil à la terre, et

qui détermine le cercle horaire du soleil.]

[Note 137: La figure montre bien que la terre, après la conjonction en

T", allant de T", en T_(1), la position apparente de la planète va de

_p_ à _p__(1), vers l'est.]

[Note 138: Si, durant ce mouvement de la terre, de T" en T(1), on joint

chacune de ses positions (T) au soleil comme à la planète, on voit la

distance angulaire PTS (différence de leurs longitudes) varier' de 0° Ã

90° (_p_ étant à l'ouest de _s_).]

[Note 139: Ce mouvement rétrograde se voit sur la figure pendant que la

terre va de T_(1) en T, la projection revient de _p__(1) à _p_.]

[Note 140: Enfin, dans cette dernière période, l'angle variable PTS

(formez-le) varie de 90° à 180°.]

=353.= MARS. Cette planète est la première des planètes supérieures dans

l'ordre des distances croissantes au soleil; moins brillante que Vénus,

elle se reconnaît à sa couleur d'un rouge ocreux très-prononcé: diamètre

apparent de 4 à 18"; distance de la terre de 0R,52 à 1R,52.

Nous désignerons dans ce qui va suivre par R le rayon mobile de l'orbite

terrestre, et par _r_ le rayon de la terre. L'orbite de Mars est une

ellipse très-allongée: demi-axe moyen, 1R,523; excentricité, 0,14 de cet

axe; révolution sidérale, 687j.

Mars est très-brillant dans les oppositions; quand il se rapproche du

soleil, son éclat diminue, et aux environs de la conjonction il n'est

visible qu'au télescope. Les phases de cet astre sont moins sensibles

que celles de Vénus et de Mercure; il nous présente un ovale plus ou

moins allongé. Plus un astre s'éloigne du soleil, moins ses phases sont

sensibles. Les phases encore appréciables pour Mars ne le sont plus pour

les autres planètes supérieures. Les taches découvertes à la surface de

Mars ont permis de constater que cet astre tourne sur lui-même en 24h

39' 22" autour d'un axe incliné de 61° 18' sur le plan de son orbite. Il

en résulte que la succession des saisons doit y être sensiblement la

même que sur la terre dont l'axe de rotation est incliné sur l'orbite de

67°-½ environ. La forme de Mars est celle d'un sphéroïde aplati; l'axe

polaire est à l'axe équatorial dans le rapport de 187 à 194.

Le rayon moyen de Mars égale 0,52 de celui de la terre, et par

conséquent son volume est égal à 0,14 environ de celui de notre globe.

La chaleur et la lumière n'y sont que les 4/9 de ce qu'elles sont sur la

terre.

On distingue aux pôles de rotation de Mars des taches brillantes que

l'on suppose formées par des amas de neige et de glace; ce qui s'accorde

en effet avec les changements observés dans les grandeurs absolues de

ces taches. Enfin, diverses observations de changements sensibles

survenus dans différentes bandes au milieu des taches permanentes de

Mars accusent à la surface de cette planète une atmosphère d'une densité

considérable.

=354.= JUPITER. C'est la planète la plus importante de notre système,

tant par son éclat qui surpasse quelquefois celui de Vénus, et par son

volume à peu près égal à 1500 fois celui de la terre, que par l'utilité

que nous tirons de ses quatre lunes ou _satellites_.

Sa distance de la terre varie entre 3R,98 et 6R,42; la moyenne est de

5R,20. A la distance moyenne, son diamètre apparent est de 37"; il

serait de 3' 17", si nous voyions Jupiter à la distance du soleil.

Pour un habitant de Jupiter, la terre n'aurait que 4" de diamètre et le

soleil 6'; le disque solaire lui paraîtrait 27 fois plus petit qu'Ã

nous; la chaleur et la lumière y sont 27 fois moindres qu'à la surface

de la terre.

L'orbite de Jupiter est inclinée sur l'écliptique de 1° 18' 54". La

durée de sa révolution sidérale est de 11ans 315j 12h. Les phases de

Jupiter sont à peu près insensibles à cause de sa trop grande distance

du soleil.

ROTATION. Les taches observées à la surface de Jupiter ont permis de

constater qu'il tourne sur lui-même en 9h 55m 40s, autour d'un axe

presque perpendiculaire au plan de son orbite (86° 54'); d'où il résulte

que les variations des jours et des nuits, et celles de la température,

doivent y être très-peu considérables.

ATMOSPHÈRE ET BANDES. Le disque de Jupiter présente des bandes ou zones

parallèles à son équateur; on les attribue à l'existence de vents

réguliers analogues à nos vents alisés, dont l'effet principal est de

disposer, de réunir les vapeurs équatoriales en bandes parallèles; ce

qui suppose Jupiter entouré d'une _atmosphère_ considérable.

APLATISSEMENT. On a aussi constaté que l'aplatissement de Jupiter est

beaucoup plus grand que celui de la terre; cet aplatissement est

d'environ 1/16, tandis que celui de la terre n'est que de 1/300 environ.

=355.= SATELLITES DE JUPITER. On nomme _satellites_ des planètes

secondaires qui circulent autour d'une planète principale et

accompagnent celle-ci dans sa révolution autour du soleil. La lune, par

exemple, est le satellite de la terre. Mercure, Vénus, Mars n'ont point

de satellites; Jupiter en a 4. Nous verrons que Saturne en a 7 et Uranus

6; Neptune au moins 1.

Invisibles à l'œil nu, les satellites de Jupiter, inconnus aux anciens

astronomes, ont été découverts par Galilée en 1618, peu après

l'invention des lunettes. En observant Jupiter avec un télescope, on

aperçoit ces satellites sous la forme de petits points brillants qui se

déplacent assez rapidement, par rapport à la planète, tantôt à l'orient,

tantôt à l'occident de celle-ci, allant et venant, sensiblement sur une

ligne droite dirigée à peu près suivant l'écliptique. (En réalité, ces

satellites tournent autour de la planète comme celle-ci autour du

soleil; mais leurs orbites sont dans des plans qui coïncident presque

avec l'équateur du Jupiter, et, par suite, nous font l'effet de lignes

droites le long desquelles les satellites semblent osciller). Voici, en

considérant les satellites dans l'ordre de leurs distances moyennes Ã

Jupiter (_fig._ 129), quelques nombres tournis par l'observation.

[Illustration: page 265, fig. 129]

DURÉES DISTANCES MOYENNES INCLINAISONS

SATELLITES. de leurs au centre de Jupiter des orbites

révolutions en rayons sur l'équateur

synodiques. de cette planète. de Jupiter.

Leçons de cosmographie à l'usage des lycées et collèges et de tous les établissements d'instruction publique · 第 87 / 117 题