Les petits tremblements de terre sont extrêmement fréquents, presque
autant, voire davantage, en certaines contrées, que les jours d'orage ou
les jours de pluie. Dans un fascicule des _Annales du Bureau central
météorologique de France_, communiqué récemment par M. Mascart à
l'Académie des sciences, M. Marchand, directeur des observatoires de
Bagnères-de-Bigorre et du pic du Midi, a dressé le catalogue de tous les
mouvements du sol qui se sont produits dans cette région de 1896 à 1902.
En 1896, 75 jours; en 1897, 98 jours; en 1898, 19 jours; en 1900, 9
jours; en 1901, 30 jours; en 1902, 81 jours; on a constaté des
mouvements qui se sont répétés parfois le même jour à plusieurs heures
d'intervalle. Secousses et trépidations, parfois accompagnées de rumeurs
souterraines, ont été, en général, très faibles. Un certain nombre,
d'amplitude supérieure à l/10e de millimètre, ont été enregistrées par
le sismographe; celles d'une amplitude inférieure, ne pouvant
impressionner les instruments imparfaits dont disposait alors
l'observatoire, ont été observées directement.
D'après des expériences précises de M. Marchand, l'amplitude minima des
vibrations verticales que tout le monde perçoit, sans
être--préalablement averti par un bruit, et à condition d'être au repos,
est comprise entre 15/10e et 20/10e de millimètre. Quand il y a bruit,
la population de la contrée agitée peut percevoir des trépidations
inférieures à l/20e de millimètre, c'est-à-dire moindres que le
frémissement produit par le passage d'une voiture.
La concordance, dans cette région, entre la fréquence des tremblements
et la quantité d'eau qui s'infiltre dans le sol fait supposer qu'ils
dépendent de l'affaissement souterrain des masses de roche plus que de
toute autre cause. Aussi se produisent-ils de préférence en juillet.