_Du mesmes jour._
Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys vous avoir escript ce matin par
La Vergne des menées de Moulins, le Sr. de Bourdeuille, ung de mes
escuyers d'escurye, est arrivé venant de France, lequel parmy sa
dépesche, m'a raporté que le dict Moulins s'est tant advancé en ses
dictz menées que de vouloir solliciter d'envoyer un ambassadeur de
France en Escosse. C'est ung très dangereux homme, il fait tout ce
qu'il peut pour empescher ceulx en faveur desquels j'escriptz pour
estre miz en la garde du Roy Très Chrestien, monsieur mon bon frère,
et en leur lieu faire mettre ceulx qui sont de sa pratique. Ce seroit
bien faict pour le bien et service du Roy, mon dict sieur mon bon
frère, de lui en escripre. Dont je vous en prie de bien bon coeur, et
aussi en faveur d'un nommé de Castares, qui est de mes officiers, que
je desirerois estre miz de la dicte garde. Il est homme de bien,
duquel j'ay expérimenté la fidellité et en réponds, vous priant
l'avoir pour recommandé; et je prie Dieu vous avoir, monsieur de La
Mothe Fénélon, en sa saincte garde.
Escript à Vuingfeild le XIIe jour d'aoust 1569.
Vostre bien bonne amye,