2
Dans les situations des hommes, le mal est uni au bien, tandis que
dans leurs tendances ce mélange n'existe pas. La tendance peut être
mauvaise: chercher à accomplir la volonté de sa nature charnelle--,
ou bonne: chercher à accomplir la volonté de Dieu. Si l'homme suit le
premier désir, il est sûrement malheureux; s'il suit le deuxième, il n'y
a pas pour lui de malheur possible--tout est bonheur.
3
Personne ne peut faire le vrai bonheur d'un autre. L'homme ne peut faire
que son propre bonheur. Le vrai bien ne consiste qu'en une seule chose:
vivre pour l'âme et non pour le corps.
4
Faire le bien est la seule œuvre dont on puisse dire qu'elle nous est
sûrement profitable.
5
On dit que celui qui fait le bien n'a pas besoin de récompense. C'est
vrai, si l'on croit que la récompense ne sera pas en toi et ne viendra
pas de suite, mais dans l'avenir. Mais l'homme est incapable de faire
le bien sans récompense, sans que cela lui donne la joie. Il s'agit de
comprendre en quoi consiste la vraie récompense. Elle n'est pas dans
ce qui est extérieur ni dans l'avenir, mais dans ce qui est interne et
actuel: elle est dans le perfectionnement de l'âme. C'est là qu'est la
récompense et en même temps la raison de faire le bien.
6
Un homme de sainte vie priait Dieu pour les hommes: O Seigneur,
disait-il, sois miséricordieux pour les méchants, parce que tu as déjà
été miséricordieux pour les bons: ils sont heureux, parce qu'ils sont
bons.