1
La vie humaine, pleine de souffrances corporelles pouvant s'arrêter
à tout instant, doit avoir, pour ne pas être la plaisanterie la plus
grossière, un sens conformément auquel elle ne peut être troublée ni par
les souffrances, ni par sa longue durée, ni par sa brièveté.
Or la vie humaine a ce sens. Il est dans notre conscience de plus en
plus nette de receler en nous Dieu.
2
La vie humaine est une communion continue de l'être spirituel, isolé
par le corps, avec ce à quoi il a conscience d'être uni. Que l'homme
le comprenne ou non, qu'il le veuille ou non, cette communion s'opère
irrésistiblement par l'état que nous appelons: vie humaine. La
différence entre les hommes qui ne comprennent pas leur destination et
ne veulent pas vivre conformément à elle, et ceux qui la comprennent et
veulent vivre conformément à elle, consiste en ce que la vie de ceux qui
ne la comprennent pas, est une souffrance continuelle, alors que la vie
de ceux qui la comprennent et qui accomplissent leur destination, est un
bien continu qui augmente sans cesse.
3
Rien ne confirme de façon aussi éclatante, que l'œuvre de la vie est
dans le perfectionnement moral, que le fait que, si variés que soient
tes désirs en dehors de ce perfectionnement, et bien qu'ils soient
entièrement réalisés, l'attrait du désir s'éteint aussitôt que le but
est réalisé. Il n'y a qu'une chose qui conserve la joie--c'est d'être
conscient que l'on avance vers la perfection.
Seul ce perfectionnement continuel donne la vraie joie qui ne cesse de
grandir. Chaque pas en avant fait sur ce chemin, entraîne une récompense
qui est obtenue immédiatement. Et rien, ne peut la ravir.
4
Celui qui consacre sa vie au perfectionnement spirituel ne peut être
mécontent, car ce qu'il désire est toujours en son pouvoir.