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Nous n'avons plus de religions. Les lois éternelles de Dieu, avec leur
paradis et leur enfer, se sont tranformées en règles de philosophie
pratique, fondées sur d'habiles calculs de profils et de pertes, avec
un faible reste de respect pour les joies apportées par la vertu et la
moralité élevée. Pour parler comme nos ancêtres, «nous avons oublié
Dieu», et en nous servant de l'expression contemporaine, nous devons
dire que nous comprenons faussement la vie du monde. Nous fermons
tranquillement les yeux et ne voulons pas voir la réalité éternelle des
choses, nous ne regardons que leur aspect trompeur.
Nous considérons tranquillement l'univers comme une grande éventualité
incompréhensible: à son aspect extérieur, nous nous le représentons
assez nettement comme un immense pré pour les bêtes, ou une maison de
travail, de vastes cuisines avec des tables à manger, où seuls les gens
raisonnables peuvent trouver une place.
Oui, nous n'avons pas de Dieu. Les lois de Dieu sont remplacées par Je
principe du plus grand profit possible.