AMIEL.

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L'idée du devoir dans toute sa pureté est non seulement bien plus

simple, plus claire, plus compréhensible dans la pratiquent plus

naturelle que l'impulsion venant du désir du bonheur ou qui est liée

à lui (et qui exige toujours beaucoup d'artifice et de spéculations

approfondies), mais même devant le simple bon sens, cette idée apparaît

comme bien plus puissante, plus persistante et promet bien plus de

succès que toutes les impulsions provenant de l'égoïsme, à condition

que l'idée du devoir soit comprise par le bon sens tout à fait

indépendamment des impulsions égoïstes.

La conscience que _je peux_ parce que _je dois_, révèle en l'homme la

profondeur des dons divins, lui permettant, comme à un saint prophète,

de pressentir la puissance et la grandeur de sa vraie destination. Et si

l'homme y faisait plus souvent attention et s'était habitué à séparer

entièrement la vertu de tous les avantages qui sont la récompense du

devoir accompli, si l'exercice de la vertu avait été la préoccupation

principale de l'éducation privée et sociale, l'état moral des hommes se

serait bientôt amélioré. Si l'expérience de l'histoire n'a pas encore

donné de bons résultats concernant la doctrine de la vertu, cela vient

de la fausse conception que l'impulsion déduite de l'idée du devoir

serait trop faible et distante, et qu'une impulsion plus proche,

provenant d'un calcul sur les avantages que l'on doit attendre pour

l'accomplissement du devoir, tant en ce monde que dans l'autre monde,

agit plus fortement sur l'âme. Tandis que, en réalité, la conscience

de posséder en soi le principe spirituel, suscitant le renoncement à sa

personnalité, incite l'homme, bien plus que toutes les récompenses, à

obéir à la loi du bien.

La Pensée de l'Humanité Dernière oeuvre de L. Tolstoï · 第 390 / 513 题