3
Il est préférable de ne jamais lire un seul livre que d'en lire beaucoup
et de croire à tout ce qui y est dit. On peut être intelligent sans lire
un seul livre, tandis qu'en croyant à tout ce qui est écrit dans les
livres, on devient forcément sot.
4
Dans la fabrication des livres se répète le même fait que dans la vie.
La plupart des gens s'égarent sottement. C'est pour cela que tant de
mauvais livres, tant de relent littéraire s'accumulent parmi la bonne
graine. Les hommes ne font que perdre leur temps, leur argent, et leur
attention à la lecture de ces livres.
Les mauvais livres ne sont pas seulement inutiles, mais encore
nuisibles. Car neuf dixièmes de tous les livres ne s'impriment que pour
prendre l'argent des autres.
C'est pourquoi il est préférable de ne pas lire du tout les livres dont
on parle et dont on écrit beaucoup. Les gens doivent chercher avant tout
à lire et à connaître les meilleurs écrivains de tous les siècles, et
de tous les peuples. Ce sont ces livres là qu'on doit lire en premier
lieu; autrement, on n'aura pas le temps de les lire du tout. Seuls ces
écrivains nous instruisent et contribuent à notre éducation.
Nous ne lirons jamais trop peu de mauvais livres et nous ne réussirons
jamais à lire trop de bons livres. Les mauvais livres sont un poison
moral qui ne fait que griser.
D'après SCHOPENHAUER.
5
Les superstitions et les erreurs tourmentent les hommes. Il n'y a qu'un
moyen pour s'en débarrasser: la vérité. Or, nous apprenons la vérité
tant par nous-mêmes que par l'entremise de sages et de saints qui ont
vécu avant nous. C'est pourquoi pour mener une vie de bien, il faut
chercher soi-même la vérité, tout en profitant des indications qui sont
venues jusqu'à nous des anciens sages et des saints.
6
L'un des moyens les plus puissants de connaître la vérité qui libère des
superstitions, consiste à apprendre tout ce que l'humanité a fait dans
le passé pour connaître et exprimer la vérité commune à tous les hommes.