PARKER.

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Chaque homme séparément, de même que toute l'humanité dans son ensemble

doit se transformer, passer de l'état inférieur à l'état supérieur, sans

s'arrêter dans sa croissance dont la limite est en Dieu lui-même. Tout

état est la conséquence de l'état précédent. La croissance s'effectue

continuellement et imperceptiblement et, pareille à la croissance de

l'embryon, elle a lieu de façon à ce que rien ne détruit le but des

situations successives de ce développement continu. Mais s'il est

donné à l'homme et à tout le genre humain de se transformer, cette

transformation, tant pour l'individu que pour tout le genre humain, doit

s'effectuer dans le travail et les souffrances.

Avant de se parer de grandeur, avant d'apparaître à la lumière, on doit

se mouvoir dans les ténèbres, supporter les persécutions, sacrifier

son corps pour sauver son âme; il faut mourir pour ressusciter à la

vie plus puissante, plus parfaite. Et après dix-huit siècles, ayant

accompli un des cycles de son développement, l'humanité tend de nouveau

à se transformer. Les anciens systèmes, les anciennes sociétés, tout

ce qui composait l'ancien monde s'écroule déjà, et les peuples vivent

maintenant au milieu de décombres, dans l'effroi et la souffrance. C'est

pourquoi on ne doit pas perdre courage à la vue de ces ruines, de ces

morts qui se sont déjà accomplies et qui s'accompliront encore, mais, au

contraire, prendre courage. L'union des hommes est proche.

La Pensée de l'Humanité Dernière oeuvre de L. Tolstoï · 第 258 / 513 题