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«L'instinct de conservation est la première loi de la nature» disent
ceux qui nient la loi de la non-résistance.
«D'accord, mais qu'en résulte-t-il?» demandai-je!
«Il en résulte que la défense contre ce qui menace est également
une loi de la nature. Et de là, cette conclusion que la lutte et,
sa conséquence, la disparition du plus faible, est une loi de la
nature; et cette loi justifie incontestablement la guerre, la violence
et la vengeance; de sorte que la conséquence de l'instinct de
conservation,--est que la défense est légitime; par suite, la doctrine
qui défend l'emploi de la violence est erronée, comme étant contraire à
la nature et aux conditions de la vie sur la terre.»
--Je suis d'accord que l'instinct de conservation est la première loi
de la nature, et qu'il incite à la défense. Je suis d'accord que les
hommes, à l'instar des organismes inférieurs, luttent ordinairement
les uns contre les autres, s'offensent et s'entre-tuent même, sous le
prétexte de se défendre et de se venger. Mais j'y vois uniquement que
la plupart des hommes, malgré la loi humaine supérieure qui leur est
révélée continuent malheureusement à vivre suivant la loi bestiale, et
se privent ainsi du moyen de défense le plus efficace: de payer le mal
par le bien, ce dont ils auraient pu profiter s'ils n'avaient pas suivi
la loi bestiale de la violence, mais la loi humaine de l'amour.