DE L'OISIVETÉ

Il est injuste de demander aux hommes plus de travail qu'on ne peut

leur en donner soi-même. Mais comme on ne saurait peser si on donne aux

autres plus qu'on ne leur demande, qu'en outre, on peut à tout moment

faiblir ou tomber malade et qu'on devra alors prendre sans donner, on

doit, tant qu'on a des forces, tâcher de travailler pour les autres le

plus possible et leur demander le moins de travail possible.

I.--_L'homme commet un grand pèché s'il profite du travail d'autrui sans

travailler lui-même._

1

Celui qui ne veut pas travailler n'a pas le droit de manger.

Apôtre PAUL.

2

En te servant de n'importe quel objet, souviens-toi que c'est le produit

du travail humain et que, lorsque tu dépenses, supprimes ou abîmes cet

objet, tu dépenses le travail et parfois la vie humaine.

3

Celui qui ne se nourrit pas de son propre travail et fait travailler les

autres pour soi est un cannibal.

_Sagesse orientale._

4

Toute la morale chrétienne en son application pratique se réduit à

considérer tous les hommes comme des frères, à être l'égal de tous; et

pour arriver à cela, il faut, avant tout, cesser de faire travailler

les autres pour soi et, dans l'organisation sociale actuelle, profiter

le moins possible du produit du travail des autres, de tout ce qui

s'acquiert pour de l'argent, dépenser le moins d'argent et vivre le plus

simplement possible.

5

Ne fais pas faire aux autres ce que tu peux faire toi-même. Que chacun

balaye devant sa porte. Si chacun agit ainsi, toute la rue sera propre.

6

Quelle est la meilleure nourriture? Celle que vous avez gagnée vous-même.

La Pensée de l'Humanité Dernière oeuvre de L. Tolstoï · 第 126 / 513 题