III._--Malheurs provoqués par la licence sexuelle._

1

Tant que tu n'as pas exterminé dans sa racine le désir sexuel que tu

éprouves pour une femme, ton esprit sera lié aux choses de la terre,

comme le veau-têtard est lié à sa mère.

Les gens pris de désir s'agitent comme un lièvre pris dans un piège. Dès

qu'ils sont pris dans les filets de la passion charnelle, ils restent

longtemps sans pouvoir se débarrasser des souffrances.

_Sagesse bouddhiste._

2

Le papillon de nuit vole vers la lumière parce qu'il ne sait pas qu'il

se brûlera les ailes; le poisson avale l'amorce parce qu'il ne sait

pas que cela le fera périr. Mais nous savons que le désir sexuel nous

engluera, nous fera sûrement périr; malgré cela, nous nous y abandonnons.

3

De même que les feux follets des marécages conduisent les hommes aux

fondrières, puis disparaissent; les plaisirs sexuels illusionnent

l'homme.

Il s'égare, empoisonne son existence et, lorsqu'il se dégrise, il

n'aperçoit même plus le mirage auquel il avait sacrifié une partie de sa

vie.

D'après SCHOPENHAUER.

IV.--_Altitude criminelle des conducteurs d'âmes dans la question

sexuelle._

1

Pour bien comprendre toute l'immoralité, tout esprit anti-chrétien de la

vie des peuples chrétiens, il suffit de se rappeler que la situation des

femmes qui vivent du vice est reconnue et réglementée dans tous les pays.

2

Les gens riches se sont fait une conviction partagée par la fausse

science, suivant laquelle les rapports sexuels seraient indispensables;

seulement, le mariage n'étant pas toujours possible, les rapports

sexuels n'engageraient à rien, sauf à les payer, et seraient absolument

naturels. Cette conviction est devenue tellement générale et

inébranlable que les parents, sur les conseils d'un médecin, organisent

la débauche pour leurs enfants, et les institutions dont le seul but

est de s'occuper du bien-être des citoyens, autorisent l'existence d'une

classe de femmes qui doivent périr moralement et physiquement, pour

satisfaire à la dépravation de l'homme.

3

Parler de l'utilité ou de la nocivité des rapports sexuels, reviendrait

à demander s'il est utile ou nuisible de boire le sangd'autrui.

La Pensée de l'Humanité Dernière oeuvre de L. Tolstoï · 第 119 / 513 题