1
Tant que tu n'as pas exterminé dans sa racine le désir sexuel que tu
éprouves pour une femme, ton esprit sera lié aux choses de la terre,
comme le veau-têtard est lié à sa mère.
Les gens pris de désir s'agitent comme un lièvre pris dans un piège. Dès
qu'ils sont pris dans les filets de la passion charnelle, ils restent
longtemps sans pouvoir se débarrasser des souffrances.
_Sagesse bouddhiste._
2
Le papillon de nuit vole vers la lumière parce qu'il ne sait pas qu'il
se brûlera les ailes; le poisson avale l'amorce parce qu'il ne sait
pas que cela le fera périr. Mais nous savons que le désir sexuel nous
engluera, nous fera sûrement périr; malgré cela, nous nous y abandonnons.
3
De même que les feux follets des marécages conduisent les hommes aux
fondrières, puis disparaissent; les plaisirs sexuels illusionnent
l'homme.
Il s'égare, empoisonne son existence et, lorsqu'il se dégrise, il
n'aperçoit même plus le mirage auquel il avait sacrifié une partie de sa
vie.
D'après SCHOPENHAUER.
IV.--_Altitude criminelle des conducteurs d'âmes dans la question
sexuelle._
1
Pour bien comprendre toute l'immoralité, tout esprit anti-chrétien de la
vie des peuples chrétiens, il suffit de se rappeler que la situation des
femmes qui vivent du vice est reconnue et réglementée dans tous les pays.
2
Les gens riches se sont fait une conviction partagée par la fausse
science, suivant laquelle les rapports sexuels seraient indispensables;
seulement, le mariage n'étant pas toujours possible, les rapports
sexuels n'engageraient à rien, sauf à les payer, et seraient absolument
naturels. Cette conviction est devenue tellement générale et
inébranlable que les parents, sur les conseils d'un médecin, organisent
la débauche pour leurs enfants, et les institutions dont le seul but
est de s'occuper du bien-être des citoyens, autorisent l'existence d'une
classe de femmes qui doivent périr moralement et physiquement, pour
satisfaire à la dépravation de l'homme.
3
Parler de l'utilité ou de la nocivité des rapports sexuels, reviendrait
à demander s'il est utile ou nuisible de boire le sangd'autrui.