1
Lorsque nous parlons de notre «moi», nous n'entendons pas notre corps,
mais ce qui le fait vivre. Qu'est-ce que le «moi»? Nous ne pouvons le
définir par des paroles, mais nous le connaissons mieux que tout ce que
nous savons. Car nous savons que si nous n'avions pas ce «moi», nous
ne saurions rien, nous n'aurions rien au monde, et nous n'aurions pas
existé nous-mêmes.
2
Lorsque je réfléchis, il m'est plus difficile de comprendre ce qu'est
mon corps que ce qu'est mon âme. Le corps a beau nous être proche, il
nous est toujours _étranger_; seule l'âme est à _soi_.
3
Si l'homme ne sent pas l'âme en soi, cela ne veut pas dire qu'il n'a
pas d'âme, mais cela prouve seulement qu'il n'a pas encore appris à la
connaître.
4
Tant que nous ne comprenons pas ce qui est en nous, quel intérêt
avons-nous à savoir ce qui est en dehors de nous? Et peut-on connaître
le monde avant de s'être compris soi-même? Celui qui est aveugle chez
lui, peut-il voir lorsqu'il est chez les autres?