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Si étrange que soit le fait que je ne connaisse pas Dieu, j'ai toujours
peur lorsque je suis sans Lui, et je ne suis tranquille que lorsque je
suis avec lui. C'est plus étrange encore que je n'aie point besoin de
Le connaître mieux et davantage que je ne Le connais maintenant dans
ma vie actuelle. Je peux et je voudrais me rapprocher de Lui; ma vie
entière tend à cela. Mais ce rapprochement n'augmente aucunement ma
connaissance de Dieu. Toute tentative de mon imagination me démontrant
que je le conçois (par exemple, lorsque je me l'imagine créateur ou
miséricordieux, ou quelque chose d'analogue) m'éloigne de lui et arrête
mon rapprochement de Lui. Même le pronom «Il», appliqué à Dieu,
détruit en quelque sorte pour moi toute sa signification. Le mot «Il» le
diminue.
9
Tout ce qu'on peut dire de Dieu ne Lui ressemble pas. On ne peut
dépeindre Dieu par des paroles.